Le parc de l’abbatiale Saint-Ouen à Rouen

La statue de Rollon

En pénétrant dans le parc, une statue de Rollon interpelle. Il s’agit d’un personnage réputé dans la région. En effet, c’est un chef viking qui s’était installé dans la Basse-Seine. Arrivé en 841, il se met à piller Rouen et à brûler l’abbaye de Jumièges. Bayeux et Saint-Lô sont également ravagés, il s’impose par la force accompagné de ses hommes.

Pierre runique de Jelling

Joint à cette pierre une plaque indiquant ceci :

 » Copie de la pierre runique de Jelling érigée en Jutland vers 970 par Harald à la dent bleue, roi de Danemark. La pierre porte l’inscription danoise suivante : le roi Harald fit élever ce monument à la mémoire de Gorm, son père, et de Thyre, sa mère, Harald, le roi, qui soumit tout le Danemark et la Norvège au Christianisme. Offerte en 1911 à la ville de Rouen par la fondation Carlsberg de Copenhague à l’occasion du millénaire du duché de Normandie en souvenir de l’époque des Vikings où Rouen fut appelé la ville des Drakkars. »

Charles Le Simple, roi des francs, impuissant face à la domination viking leur soumet un traité de paix stipulant qu’il leur laisse la Normandie et quelques territoires voisins, ce qui correspond à la Haute-Normandie, à condition qu’ils promettent de ne plus envahir et piller le Royaume et de se convertir au Christianisme. Ce traité de Saint-Clair-sur-Epte fut signé en 911.

Ainsi naît la Normandie, étymologiquement, « Le Pays des Hommes du Nord », comprenons, les Northman. Rollon et ses hommes agrandissent leur territoire nouvellement acquis en s’étendant vers l’ouest chassant au passage des bretons qui occupaient le Cotentin et l’Avranchin.

Leurs successeurs restaurent les monastères, notamment ceux de Jumièges et Fécamp détruits par les Vikings.

Emile Verhaeren

Non loin de là est érigé un buste de bronze représentant ce célèbre poète belge flamand. Né le 21 mai 1855 à Saint-Amand, il meurt tragiquement à Rouen le 27 novembre 1916. Alors que le matin même, il s’était exprimé lors d’une conférence et le soir à la gare, une foule trop nombreuse le bouscule et il valse sur les roues d’un train au départ.

Se sentant concerné par les sujets sociaux, il rédige des vers libres emprunts de symbolisme et de lyrisme sur un ton musical. D’une pensée moderne, il surprend par son caractère novateur sachant retranscrire ses sentiments quant à la société et l’atmosphère des grandes villes.

Afin de lui rendre hommage, un musée lui est dédié inauguré en 1955 et s’intitule Musée Provincial Emile Verhaeren. La même année, la dépouille de sa femme, Marthe Massin, est transférée afin que les deux amants puissent être unis pour l’éternité.

En 1928, une statue est érigée dans le jardin de l’hôtel de ville puis fondue en 1941 sous le régime de Vichy. Elle est finalement reconstituée et inaugurée le 10 avril 1948.

L’hôtel de ville

Face à l’hôtel de ville, une mare avec en son centre une statue d’un centaure et de sa belle attire le regard. Avoisinant le bâtiment, l’abbatiale Saint-Ouen domine les lieux.

Des zones d’ombre et de lumière, des bancs ici et là, un terrain de jeux pour les enfants, ce parc offre un bel espace de détente et de promenade avec un point de culture et d’histoire incitant à la réflexion.

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine