Louis II de Bavière, roi passionné d’art, de musique et d’architecture, fervent admirateur de Richard Wagner devient le principal soutien et appui du compositeur.

Elisabeth de Bavière, impératrice d’Autriche et Reine de Hongrie, sa cousine a noué une relation fusionnelle avec lui depuis leur tendre jeunesse. Elle est certainement la seule à le comprendre vraiment et à le suivre dans ses rêves.

Wagner est un compositeur endetté qui fait polémique au sein de la société mais il est aussi un musicien de génie reconnu et aimé de beaucoup.

« La musique commence là où s’arrête le pouvoir des mots. »

Richard Wagner

D’abord ami avec Friedrich Nietzsche, leur relation finit par prendre une toute autre tournure.

Le cas Wagner critique cet engouement, ce phénomène de mode où le compositeur devient narcissique et trop fier de son travail. Louis II s’en retrouvera ruiné à force de vouloir l’aider et le sortir de la misère dans laquelle son idole est plongé.

Wagner était tombé dans la décadence usant de théâtre et d’artifice plaçant la musique sous un autre plan qu’elle devrait être. Le manque d’humilité et de mise en valeur de la création a déçu et agacé, voir choqué Nietzsche qui lui a reproché ses écarts de conduite. Le philosophe entretenait, par ailleurs, des sentiments avec sa femme, Cosima, avec qui il avait une relation épistolaire.

Nietzsche défendait le nihilisme, une idéologie qui rejette toute croyance et refuse toute contrainte sociale mais qui est aussi une négation des valeurs bourgeoises dominantes. Un mode de pensée qui s’oppose à la démesure de Wagner qui fait étalage de son succès et de sa gloire, le raz-le-bol de Nietzsche est compréhensible. Le wagnérisme est un attachement parfois fanatique qui frôle la limite de l’exagération. Cette tendance est critiquable.

« Aujourd’hui c’est pour nous affaire de convenance qu’on ne veuille pas tout voir dans sa nudité, ne pas se trouver présent partout, ni tout comprendre, qu’on ne veuille pas tout « savoir ». tout comprendre, c’est tout mépriser. »

Friedrich Wilhelm Nietzsche

Louis II, homosexuel refoulé vivant dans la honte de ce qu’il est avait des sentiments pour Richard Wagner et une profonde admiration. La mort du compositeur fut un choc d’une extrême violence, la fin d’un univers où il aimait se réfugier, où il ressentait un profond bien-être, une découverte marquante dans sa vie solitaire dans laquelle il vivait caché, agoraphobe qu’il était.

Quant à sa cousine dite Sissi, le décès de son cousin fut une nouvelle abominable qui la plongea dans une éternelle tristesse. L’aigle et la mouette, comme ils se désignaient furent séparés à jamais.

En 1888, peu après la publication de son ouvrage, Le cas Wagner, Nietzsche a sombré dans la folie.

Dix ans plus tard, à Genève, Sissi fut assassinée par un anarchiste italien, Luigi Lucheni.

Tous ont donc connu une fin tragique.

« Le bonheur que les hommes demandent à la vérité est soumis à des lois tragiques. Nous vivons au bord d’un abîme de misère et de douleur. C’est l’abîme entre notre état d’aujourd’hui et cet autre dans lequel nous devrions nous trouver. Dès que nous voulons le franchir, nous nous y précipitons et nous y fracassons. Quand ce gouffre sera une fois rempli de souffrance humaine et de cadavre de bonheur, alors on le traversera sans danger. »

Elisabeth d’Autriche

Ludwig : Le Crépuscule des Dieux retrace leurs vies. Un film réalisé en 1973 par Luchino Visconti où apparait la célèbre Romy Schneider qui dans les années 50 nous offrait la merveilleuse trilogie, Sissi.

Le Crépuscule des Dieux ou Götterdämmerung est également un opéra en trois actes de Richard Wagner d’une durée de 4h25 crée le 17 août 1876 et composé en novembre 1848. Il puise son inspiration dans l’histoire du Ring, de l’anneau du Nibelung issu de la mythologie nordique et de la légende germanique.

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine