
Comment Naît une Chanson ? Le Voyage Créatif d’Ilario
Ilario, l’artiste belge connu pour ses performances électriques et son style provocateur, vient d’annoncer la sortie de son nouveau single Candy Girl. Mais comment passe-t-on de l’idée à la chanson finale, prête à être partagée avec le monde entier ?
L’Inspiration et la Composition
Ilario nous explique le début du processus : « C’est souvent un mélange de moments de vie et d’émotions. Pour Candy Girl, il s’agissait de capturer cette envie, ce désir brut (rire). » Il commence par ce qu’il appelle la « technique du yahourt« , où il chante des syllabes sans sens pour trouver le rythme et la mélodie de base. « Ça aide à dégrossir, à trouver le flow sans se soucier des paroles tout de suite. »

Les Paroles : Un Art à Part
Une fois la mélodie esquissée, les paroles prennent vie. « J’aime écrire moi-même, chercher le mot juste, mais c’est un travail qui demande patience et introspection, » dit-il. Ilario se plonge dans ses réflexions, cherchant à exprimer des thèmes profonds comme le désir, l’amour, et la rébellion contre les normes sociétales.
L’Enregistrement et le Studio
Passons maintenant à l’étape cruciale de l’enregistrement. « Le studio, c’est la magie pure. C’est là que tout se concrétise, » raconte Ilario. Chaque partie est enregistrée séparément – couplets, refrains – pour permettre un mixage et une maîtrise parfaite. « C’est comme assembler un puzzle où chaque pièce sonne mieux qu’en solo. »
Pourquoi la création des singles se fait avant la sortie de l’album ?

Ilario explique qu’il s’agit d’un moyen d’entretenir la relation avec le public. Curieux et dans l’attente, une effervescence se fait sentir, le public est intéressé. Un album serait écouté une ou deux fois puis possiblement oublié et mis de côté. Plus on en écoute et plus on a envie d’en entendre plus. Comme en amour, il faut entretenir la flamme. (Rire)
De plus, la création d’une chanson représente beaucoup de temps et d’investissement financier.
Le Clip Vidéo de « Candy Girl »

Le clip de Candy Girl est peut-être l’une des œuvres les plus ambitieuses d’Ilario à ce jour. Collaborant avec Alison, une danseuse talentueuse, et sa sœur jumelle Alinoë, chorégraphe, Ilario a voulu insuffler une énergie nouvelle et provocante à son image. « Nous avons voulu que chaque mouvement raconte une histoire, chaque image soit un poème visuel, » explique-t-il. « Il s’agit de mon troisième single qui apparaîtra dans l’album. » annonce-t-il.
Benoît Neef a mis à disposition sa salle, toute nouvelle, basée dans la région de Courcelles.
Les Relations dans le Milieu Artistique
Ilario met en avant l’importance des relations dans le monde de l’art. « Travailler avec Alison, c’était comme retrouver une vieille amie. On se comprend sans se parler, » dit-il avec un sourire. Cette collaboration n’est pas seulement professionnelle ; elle est teintée d’une confiance et d’un respect mutuel qui transparaissent dans le produit final. « Dans ce milieu, c’est rare de trouver des gens avec qui on partage non seulement des idées, mais aussi des valeurs, » ajoute-t-il.
Le Message et les Valeurs

Candy Girl n’est pas juste une chanson ; c’est un manifeste. « On parle d’assumer son corps, ses désirs, sans se soucier du regard des autres. Alison et moi, on veut déconstruire les préjugés sur le corps » confie Ilario. Ce clip est aussi une célébration de la liberté sexuelle, un thème récurrent dans son œuvre.
En tant qu’artiste, qu’observes-tu sur la société actuelle ?
Un simple texte avec des paroles peut susciter des réactions. Les gens interprètent ce qu’ils voient. C’est étonnant comme une image peut être interprétée différemment par des centaines de personnes.
Il y a un cruel manque d’ouverture d’esprit. Il faut accepter la différence de chacun pour pouvoir vivre ensemble. Si on était tous égaux, il n’y aurait pas de frontières qui nous sépareraient. Les révoltes sont là parce que justement, nous sommes tous différents.
Y avait-il un plaisir semblable au travail avec le réalisateur et cameraman ?
Le réalisateur et cameraman, Blaise, a contribué au clip, Dancing through the night, et revient pour Candy Girl que je considère comme mon plus beau clip vidéo réalisé jusqu’ici et auquel j’attache une valeur sentimentale personnelle. Rencontré sur les réseaux sociaux, j’ai été impressionné par la qualité de son travail, ses capsules vidéo qui mettait en valeur la ville de Mons, et une bonne entente s’est fait sentir dès le début. Il me suivait déjà sur les réseaux sociaux et réciproquement. Notre collaboration perdurera.
Visuellement, le clip de Candy Girl est une réussite, plus beau et plus artistique que mes précédents singles puisqu’il est original et novateur. Plus travaillé et plus technique, il y a moins d’improvisation. Plus soignées, les images sont en noir et blanc et le rendu est joli.
« Je voudrais alors diffuser des messages porteurs et lancer des débats. » confie Ilario.
Le Tournage : Un Défi Réussi
Le tournage du clip n’a pas été sans ses défis. « Des répétitions intensives, un tournage en un jour… C’était épuisant mais tellement gratifiant, » se souvient-il. La chorégraphie, habituellement improvisée par Ilario, a été cette fois-ci minutieusement préparée, ajoutant une nouvelle couche de complexité à sa performance.
L’équipe en place

« L’équipe artistique est quasiment habituelle, constante et l’ajout de nouveaux membres se fait au compte-goutte. Une amitié sincère et des liens solides se sont tissés entre nous. » décrit-il.
Il est essentiel de travailler avec une équipe artistique où on se sent en cohésion, à l’aise, sans peur de s’exprimer et de s’interroger et il se sent alors chanceux du bon déroulement au sein des membres. Cela sous-entend l’ouverture d’esprit puisque ces scènes sexuelles ont été tournées à la vue de tous en confiance sans laquelle nous n’aurions pas pu lâcher prise et se laisser aller librement.
Les Réactions et l’Impact
Avec Candy Girl, Ilario espère non seulement choquer, mais aussi faire réfléchir. « Si on peut provoquer une discussion, c’est déjà un succès (rire). » Les réactions ont été vives, les critiques parfois dures et injustifiées, mais pour Ilario, cela signifie qu’il touche juste où il veut. Artiste en Pleine Rébellion, Ilario continue de repousser les limites de ce qu’on attend d’un artiste. Avec Candy Girl, il nous offre non seulement un aperçu de sa créativité, mais aussi de son âme, de ses luttes et de ses convictions. « Je veux que mes chansons, mes clips, soient comme des miroirs. Pas seulement pour moi, mais pour tous ceux qui les regardent, » conclut-il avec une sincérité désarmante.
Famille, Collaboration et Public

Charlotte Ollivier : Tu as mentionné que tu détestes quand les gens te disent « fais-moi rire » ou « raconte une blague ». Comment cela influence-t-il ta relation avec ton public ?
Ilario : C’est quelque chose qui m’exaspère vraiment. Surtout pendant les fêtes de famille… Si c’est pour ça, je préfère qu’ils ne viennent pas me voir ! Je ne suis pas le bouffon du roi ! Je suis le roi qui fait le bouffon (nuance) Dites-vous qu’ils ne viennent pas ! Les rares de la famille qui sont venus sont de bon jugement, ils aiment rire et savent faire la différence entre un humoriste et un clown. Pour le reste… (hausse les épaules avec un sourire ironique). Je dis souvent que je veux bien le faire si on me paie…
Si on demande à un humoriste de faire une blague, il ne voudra pas répondre et c’est compréhensible. Hors contexte, c’est humiliant. Dans la vraie vie, ils ne savent pas rire.
« D’ailleurs, jefais rire avec des sujets qui ne sont pas drôles. C’est authentique alors cela fait rire. J’ai un humour noir, les thèmes abordés sont tournés en dérision, la vérité et la réalité sont évoquées dans le rire. Je raconte des histoires et non des blagues. » termine-t-il.
Charlotte Ollivier : Quel est le regard de ta famille sur ta carrière artistique ?

Ilario : (rit) Disons que c’est un mélange de fierté et de jalousie mal placée parfois…. Mes parents sont mes plus grands supporters, eux je sais ce qu’ils pensent, mais le reste de la famille ? Ils ne le diront jamais ! Ils s’en fichent un peu, je pense, C’est mon travail, après tout ! Quand je fais quelque chose en tout cas, ce n’est pas pour la famille, c’est pour moi uniquement et pour ceux qui aiment vraiment ce que je fais.
Charlotte Ollivier : Blaise, ton caméraman, semble jouer un rôle crucial dans tes projets récents. Peux-tu nous en dire plus sur votre collaboration ?
Ilario : Blaise, c’est mon œil visuel avant tout. On s’est rencontré en ligne, et dès le début, il y avait cette compréhension mutuelle. Pour Candy Girl, il a su capturer l’essence de ce que je voulais transmettre. Il ne filme pas juste des images, il raconte notre histoire, et c’est rare de trouver quelqu’un comme ça. On se suit, on s’inspire, et je pense que notre collaboration va durer. C’est un brave garçon. Après tout, nous sommes des gens de petite taille (on sait à quel point c’est dur de se faire une place), on n’a peut-être pas le mètre quatre-vingt ! Mais on a l’art dans le sang !
Charlotte Ollivier : Parlons de ton équipe pour le film et la pièce de théâtre. Comment fonctionne ce groupe ?
Ilario : C’est une petite famille artistique. On se connaît bien, on a confiance les uns dans les autres. Pour le film, même si on a eu des défections de dernière minute, des passionnés sont venus à la rescousse. Et pour La valse des cocus, ma première pièce de théâtre que j’ai écrite, je travaillerai avec Jean Plaisant, c’est comme revenir à mes racines. On a une connexion depuis mes débuts à six ans, c’est magique de retrouver ça (sourire). Il était là à mes débuts, il était là à mon succès sur scène avec le one man show, il était là pour le film, en fait, je pense que Jean est un porte bonheur ! (Il rigole)
Parle-nous un peu de cette pièce de théâtre.
« Il s’agit d’une comédie de boulevard qui fera intervenir quatre comédiens. J’interprète le rôle de Julien, jeune garçon qui trompe sa femme et elle aussi.
Après une longue période de chômage, il se fait embaucher. Il découvre que la femme de son patron est sa maîtresse et sa femme découvre que son patron est son amant. Des moments de malaise en perspective, une pièce très drôle en deux actes. » résume Ilario, enthousiaste.
La première représentation aura lieu dans le centre de la Belgique puis s’étendra dans tout le pays. Inspirée par des comédies d’époques plus anciennes, il a là l’occasion d’exploiter son côté rétro qu’il affectionne.
Charlotte Olivier : Tes tenues de scène sont toujours remarquables. Comment choisis tu ce que tu portes, et quel message veux-tu envoyer à ton public ?
Ilario : La tenue, c’est mon respect pour le public. Je veux qu’ils voient que je les prends au sérieux. Je m’habille seul ! Mais j’aimerais collaborer avec des stylistes belges, c’est un échange de bons procédés. Ça serait top ! De mettre en avant des belges, jeune, comme moi ! Par exemple, le chapeau, c’est un mystère pour le public, et les chaînes sur mon pantalon parlent de désir et de dépendance. Je veux qu’on se pose des questions, mais surtout, je veux être confortable pour danser et chanter. Chic et léger ! C’est ça que j’aime ! Après, lors des soirées, l’extravagance ne me déplaît pas non plus ! «
Charlotte Olivier : Comment gères tu les critiques de ton public ?
Ilario : Ah, les critiques… Elles peuvent être constructives, mais parfois, c’est une jungle (rire). Lors de mon one man show, les derniers temps, le manque de respect c’est fait ressentir, les gens parlent plus fort que toi car ils ne s’entendent pas parler ! Mais ça me pousse à réfléchir, à m’adapter. Mon album Rébellion est une réponse directe à ces critiques et comportements. Je pense qu’il faut écouter, mais aussi savoir se défendre artistiquement.
Charlotte Ollivier : En somme, comment perçois tu cette relation entre artiste et public ?
Ilario : C’est une danse complexe. Il faut du respect des deux côtés. Je veux provoquer, faire réfléchir, mais aussi respecter ceux qui me donnent leur temps et leur attention. Le public change, devient plus critique, mais c’est excitant. Ça me pousse à rester authentique, à ne pas céder aux attentes faciles. Je veux qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un qui a osé, qui a respecté, et qui a toujours cherché à comprendre et à être compris.
Charlotte Ollivier : Merci, Ilario, pour cette conversation si riche et franche. On attend avec impatience tes prochains projets.
Ilario : Merci, Charlotte. Et au public, restez curieux, restez critiques, mais surtout, restez ouverts. À bientôt sur scène ou sur vos écrans (sourire).
Analyse sur le clip visionné en avant-première

Une première vue m’a fait dire, « c’est osé, jamais je ne serais suffisamment à l’aise pour faire ça » et pourtant, ils l’ont fais. Au delà de la chorégraphie à mémoriser, c’est aussi un apprentissage et un entraînement de se mettre en scène et de danser. Cela demande aussi une aisance et une acceptation de soi, un confort avec l’image qu’on a de soi et celle qu’on renvoie aux autres. Il faut vraiment avoir peur de rien et complètement lâcher prise.
Lorsqu’on y parvient, cela aide à affronter ses complexes, ses difficultés et ses différences. « Au fil de tes chansons et de tes clips, tu dois apprendre quelque chose. », rétorquais je à Ilario.
Cela nécessite également de séparer le privé du professionnel. J’imagine que dans les films, les acteurs doivent affronter la même problématiques lors des scènes d’amour et de sexualité. Ilario comme les autres jouent un rôle et interprète son personnage.
En le visionnant une seconde fois, je me suis dis qu’une gaieté, une joie et un dynamisme se dégageaient de la chanson. Une complicité est aussi palpable ce qui ajoute une dimension ambigüe à la relation que les protagonistes affichent, est-ce de l’amitié, de l’amour ? Jouent ils à un jeu ? Leur mise en scène interroge. Peut-on se jouer de la sexualité, un sujet sensible à aborder parce que controversé et polémique? En tout cas, ensemble, ils apportent une légèreté à ce thème qui fait facilement débat.
La danse est un langage qui permet d’exprimer ses pensées et ses sentiments profonds. Le corps parle pour nous et le temps s’estompe jusqu’à disparaître. Sur Youtube, un entretien philosophique l’exprimait. Quelques minutes à tournoyer ensemble apparaît comme un moment privilégié, un instant partagé qui n’appartient qu’aux danseurs qui ont la chance de le vivre. Danser est libérateur et permet de s’évader et de se projeter dans un autre monde où les soucis n’ont plus leur place parce que la musique devient la maîtresse de cet univers crée.

Dans les jours à venir, son nouveau single sortira alors tenez-vous au courant !



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