En ce temps-là, les femmes n’avaient aucune idée de la vie professionnelle de leur mari qui ne partageait rien avec elles. Leur rôle était de s’occuper du foyer et de veiller sur les enfants. Lorsque le mari revenait à la maison le soir, elles ne savaient donc pas grand chose de leur journée. Tout ce qu’elles pouvaient savoir étaient les articles lus dans les journaux, les racontars, leur réputation et y croire ou non. Il était surnommé « le monstre de la rue Le Sueur » ou encore « l’ange de la mort » et « docteur Lucifer » et se faisait lui-même appeler « Docteur Eugène« .

« Ce soir, entre ses gardiens, Mme Petiot est complètement abattue et bien différente de la femme élégante et couverte de bijoux qu’elle était ordinairement. »

Dans ce contexte, si leur mari est un criminel, aux yeux de la police, interrogées, elles peuvent paraître frêles et fragiles, innocentes, tomber des nus et être sous le choc d’apprendre la vérité sur leur conjoint, de prendre conscience de la réalité, à savoir que pendant des années, elles ont vécu avec le diable sans le savoir, la nuit le monstre n’était pas sous leur lit mais à l’intérieur.

Au premier abord, elles peuvent même affirmer à la police que c’est un type formidable aimé de tous, qui fait bien son travail, carrière remarquable, beau parcours, un homme sans histoires, un mari attentionné avec elles-mêmes et leurs enfants.

« Mme Petiot prétend ignorer où se trouve son mari. Elle a affirmé également ne rien savoir des circonstances dans lesquelles celui-ci s’est livré à l’abominable série d’assassinats qui lui sont imputées. »

Les apparences sont trompeuses. On croit que ce que l’on veut bien croire. On voit que ce que l’on veut bien voir. Au quotidien, avec l’habitude, la routine, on ne fait plus attention.

De plus, les femmes de l’époque ne connaissait que très peu le milieu du travail. Ce n’était pas une généralité les femmes qui travaillaient, qui faisaient carrière. Certaines pouvaient faire des études, avoir un petit emploi à temps partiel mais l’essentiel était leur foyer, leur famille à s’occuper, c’était leur priorité.

« De l’avis de ceux qui l’ont connu, Mme Petiot était une femme effacée, plutôt timide et que son mari avait littéralement envoûtée. Elle sortait peu et paraissait beaucoup souffrir de l’exaltation quasi permanente de son mari. »

Source : https://criminocorpus.org/fr/bibliotheque/page/87572/#page

Outre les criminels, nombreux sont ceux qui devaient avoir une maîtresse. C’était courant. Une femme apprenait les bonnes manières, elle pouvait suivre des cours. Le mari reprenait l’entreprise de son père, faisait de brillantes études avant de rejoindre une prestigieuse entreprise ou bien, créait la sienne, un avenir prometteur l’attendait. Hommes et femmes n’avaient pas du tout les mêmes perspectives.

Ecoutez : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf97520544/ecole-du-savoir-vivre

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i25024320/gisele-halimi-sur-le-conditionnement-des-femmes

Le 13 juillet 1965, les femmes ont acquis l’autonomie financière.

« La loi du 22 décembre 1972, inscrivant dans le Code du Travail que :

« Tout employeur est tenu d’assurer, pour un même travail ou pour un travail de valeur égale, l’égalité de rémunération entre les hommes et les femmes. »« 

« 1983 – Première loi sur l’égalité professionnelle

La loi Roudy, adoptée le 13 juillet 1983, interdit toute discrimination liée au sexe dans le domaine professionnel (embauche, salaire…) et prévoit la possibilité d’avoir recours à des mesures pour obtenir l’égalité. »

Afin d’avoir la chronologie complète : https://www.expectra.fr/blog/carriere/droits-des-femmes-au-travail-les-dates-qui-ont-marque-lhistoire/

« Les femmes obtiennent ainsi en 1965 le droit d’exercer une activité professionnelle sans l’autorisation de leur mari et, le 22 décembre 1972, une loi pose le principe de l’égalité de rémunération pour les travaux de valeur égale entre les hommes et les femmes. »

Source : https://enseignants.lumni.fr/fiche-media/00000000412/le-travail-des-femmes-en-france-de-1914-a-2000.html

Georgette Valentine Lablais, la femme de Marcel Petiot, est née en 1904 et décédée en 1981. Elle travailla plus tard dans une boulangerie.

Deux mariages : « 
Union(s) et enfant(s)

https://gw.geneanet.org/edouardpareja?lang=fr&n=lablais&p=georgette+valentine

Elle avait 23 ans lors de son premier mariage et 42 ans à la mort de Marcel Petiot, 62 ans à son second mariage et ils meurent la même année à l’âge de 77 ans. Ce n’est que tardivement qu’elle a connu le milieu du travail (à un âge proche de la retraite qui est de nos jours fixé à 65 ans) et pendant la première partie de sa vie, ses 19 ans de mariage avec ce criminel, elle était entretenue par ce dernier, dépendante de lui et se contentait de s’occuper de leur fils.

A son second mariage qui a perduré 15 ans, cela faisait tout juste un an que le travail était accessible aux femmes et qu’elles ont pu découvrir un univers méconnu longtemps réservé aux hommes. A cette occasion, elle a dû comprendre la valeur de l’argent et sa nécessité. Son défunt mari tuait pour voler ses victimes et gagnait de l’argent en majeure partie de cette façon. Son métier de médecin, ses deux cabinets, n’étaient que des façades pour cacher ses véritables activités, ses méfaits.

Un an avant leur mariage, il avait déjà tué : « En 1926, la population découvre la liaison qu’il entretient avec la fille, Louisette, d’une de ses patientes.

Peu de temps après, la maison de la jeune fille est incendiée, et elle-même disparaît sans laisser de traces.

On retrouvera un corps décomposé et non identifiable.

En supposant qu’il s’agissait d’elle, aucun lien avec le docteur Petiot ne peut être dégagé. »

Déjà des malhonnêtetés : « Élu conseiller municipal en 1925 puis maire de façon douteuse en juillet 1926, il épouse le 4 juin 1927 à Seignelay, Georgette Valentine Lablais, fille d’un notable de la ville, commerçant propriétaire du restaurant parisien « Chez Marius », 5 rue de Bourgogne. »

Les derniers propos de ce criminel tueur en série mort le sourire aux lèvres comme une dernière provocation : « Messieurs, je voudrais que vous détourniez le regard. Ca ne va pas être beau… Je voudrais que vous conserviez de moi un bon souvenir.« 

« Puis, plus tard, devant la guillotine, il dit : « Ça ne va pas être beau ».

À Dupin qui lui demande, au moment d’aller au supplice, s’il a quelque chose à déclarer, il répond : « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages. »

Une dernière conversation : « Le docteur baille, s’étire, et regarde le procureur Dupin qui lui fait face :

« Petiot, votre recours en grâce a été rejeté,

et votre pourvoi en cassation également.

Ayez du courage.

Tu m’emmerdes.

– Avez-vous une dernière déclaration à faire ?

Je viens de la faire : tu m’emmerdes. »

« A un juge qui lui demande s’il a des ultimes révélations à faire, il répond :

« Je suis un voyageur qui emporte ses bagages.

Et maintenant, si on y allait ? ».

Quand on coupe le col de sa chemise, il rajoute : « C’est bien sot de la part de l’Administration de gâcher une si jolie chemise ! »

« Sa femme Georgette s’efforça de refaire sa vie en travaillant dans une boulangerie. Son fils Gérard finit par changer de nom et disparaître en Argentine où Georgette le rejoignit.« 

Source : https://les-sanglots-longs-des-violons.eklablog.com/docteur-petiot-docteur-lucifer-a112700718

Gérard est « né le 19 avril 1928 à Villeneuve-sur-Yonne, Yonne, France et décédé 22 septembre 2011 à 83 ans en France. » et se marie avec  Ghislaine Solange Marguerite PETIOT « né(e) le 17 juillet 1931 à Paris 14e Arrondissement, Paris, Île-de-France (France) » et « décédée le 7 janvier 2013.« 

Source : https://www.openarchieven.nl/ins:b399375f-85a0-986e-b108-cbc71d81a349/fr

J’imagine que tous deux ne s’en sont jamais remis et ont essayé de survivre après cette sordide histoire traumatisante.

Le commissaire Massu a inspiré le commissaire Maigret.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Jacques_Massu

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Commissaire_Maigret

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine