Au 19ème siècle
Une femme aux cheveux trop cuits ( femme ayant des cheveux rouges) poussait à la peau (femme de feu, amoureuse et chaude, qui parle aux sens) d’un mec à la mie de pain (voleur sans valeur). Passant par là, un ratiboiseur de landau à baleines (voleur de parapluies) attrappa au vol une bricole à cheveux (peigne ou épingle qui fixe le chignon d’une femme) pensant qu’elle était en or alors qu’en fait, c’était du strass. Sans scrupule, il troullotait de la hurlette (puer de la bouche) ce qui fit pousser un soupir de soulagement à cette pauvre femme accostée par deux hommes en l’espace de quelques minutes.
Manque de bol, la police se trouvant dans les parages au moment des faits fit une halte. N’ayant pas froid aux yeux, le malhonnête homme les artonne (tromper la police) au tournant. Corrompue, cette dernière est pot de vinard (qui accepte le pot de vin) et laisse filer le malheureux.
Quittant son banc (échappant à la surveillance), le premier homme tout aussi voleur, s’enfuit sans heurts. Un pendule à plume (coq qui chante à heures fixes) familier à la vue des policiers leur met la puce à l’oreille et de cette coïncidence, leur permet de deviner sa cachette et de finalement le renifler (arrêter quelqu’un).
Les tirants à la manque (les bas déchirés) après tant de remue-ménage, la pauvre femme cru renverser sa chaufferette (mourir) mais ce ne fut, en fin de compte, plus de peur que de mal.
En fait, une sydonie (tête de carton, mannequin sur lequel les modistes et couturières essayent leurs robes), sa beauté s’est remarquée par ces messieurs, tombés le nez dessus (rencontrer fortuitement quelqu’un). Sa fierté s’expliquait parce qu’elle avait le sac plein (être enceinte) et au fond heureuse d’être fiancée à un bel homme. Sa nervosité et son excitation tout à la fois rendaient compréhensible son inattention. Ces deux individus ont donc profité de sa faiblesse.
https://www.languefrancaise.net/Source/337-Frequence
Au 20ème siècle
Cet homme avait une bonne balle (une bonne figure), ça lui faisait sa balle (chose qui convient, plaît, fait l’affaire) à la demoiselle. Bien que l’air bamban (boiteux), il ne semblait pas zinzin. Elle espérait toutefois qu’il n’était pas baptisé au sécateur (circoncis) sinon ses parents feraient une jaunisse. Il fallait qu’il soit chrétien catholique et non protestant. Elle espérait aussi qu’il ne la barbe ( ennuyer quelqu’un en lui causant est lui faire la barbe) pas trop. M’enfin, tant qu’il est riche et de bonne famille.
De toute façon, une femme pouvait bien batifouiller (s’embrouiller, patauger, dire des bêtises et des naïvetés), cela n’avait aucune importance. L’essentiel était qu’elle devienne une bonne épouse et une bonne mère. Le travail, un métier était exclu, du moins, jusque dans les années 60.
Parfois surnommée bête à chagrin (femme), cela ne lui empêchait pas de bécotter (s’embrasser) son future mari. Pour l’heure, sa convoitise.
Si seulement, lui aussi avait le béguin (être amoureux)… Avec son bloum (chapeau), quelle belle allure ! Et cette bobine d’ange (visage)! La voilà rêveuse…
https://archive.org/details/DictionnaireDargot/page/n37/mode/1up
1960
C’est la révolution. S’opposant aux blousons noirs, les blousons dorés (venant d’un milieu favorisé) s’affichent. Bourrés comme des coings, les voici qui jouent de la guitare sur les quais de Paris alimentés au jinjin (vin rouge) pour faire genre en attendant une meilleure fortune dans leur quotidien.
Envieux des costards cravates à l’avenir tout tracé, ils chantent le bonheur tant voulu qu’ils pensent inaccessible. La gonflette (musculation) leur donne une apparence pleine d’assurance mais rapidement, leur coeur d’artichauts les trahit. Ce look d’enfer ne rend pas justice à leur sensibilité accrue. À force de marcher à côtés de leurs pompes (desargenté), ils perdent la foi et se mettent à marcher sous un balourd (faux nom, circuler avec de faux papiers) suite à une soirée arrosée qui a mal tourné et qu’ils préfèrent oublier par ce biais délictueux.
https://www.languefrancaise.net/An/1960
Les années 80 à aujourd’hui
Les années 80 ont vu l’émergence du verlan cuisiné à toutes les sauces :
« Le louchébem des années 80, venu des cités, du hip-hop et du rap. « Chébran », « meuf », « caillera », « chelou », « truc de ouf », « keuf », « chetron », « oim », « portenawaque », « zyva », « babtou »… la liste est infinie. Le verlan a infusé toutes les couches de la société et s’est installé dans le Larousse de la langue française. «
Les années 90 ont vu se propager les mots d’origine anglophones.
https://promova.com/fr/blog/90s-slang
À la one again, you go, girl! C’est d’la balle, ils y allaient à donf.
https://fr.babbel.com/fr/magazine/francais-ces-petites-phrases-oubliees-des-annees-90
Ce langage est difficile à suivre et perdre le fil se fait en un rien de temps…
C’est spec’(special), il faut raccourcir les mots pour gagner du temps, tendance qui a perduré jusqu’à nos jours.
Ça passe crème pour les jeunes qui aiment bien rétorquer j’tai cassé ou simplement cassé à ceux qui n’auraient pas compris. Ces expressions ont été popularisées par le film Brice de Nice avec Jean Dujardin en tête d’affiche.
De même, parle à ma main a été apprécié par bon nombre de jeunes grâce à Michael Young et ses chansons de rap dont on peut citer aussi fous ta cagoule.
Tout ça est un truc de ouf et les jeunes se diraient qu’on est des blaireaux, des bolosses, de ne pas en saisir le sens et toutes les nuances, des looser en somme.
https://www.topito.com/top-expressions-cultes-annees-2000
De nos jours, ce langage des jeune’s se met à prendre des tournures de plus en plus inquiétantes et préoccupantes.
Ils se croient baisés (incroyables, fous, géniaux). Les vieux (les adultes) sont chockbar de baisés (choqués, stupéfaits) de découvrir leur langage fleuri.
Les darons (parents) sentent comme un coup de vieux à cause du décalage et du choc des générations et sont trop cringes (gênés) face à cette situation qui les les plonge dans le malaise. Le père pourrait dire que lui aussi était un charo (homme accumulant les conquêtes amoureuses et sexuelles, terme péjoratif) mais il n’est plus dans le mood (le train est passé, l’envie lui est passée).
Son fils penserait que c’est une dinguerie et il se ferait tej’(rejeté). Il craint de faire un flop (échec complet) devant l’assemblée générale. Il se sent soudain guez (nul).
Hassoul! (bref, pour conclure rapidement) Wesh ! Lance le fils à sa reum (mère). Tu as de la tiz (alcool), un truc à grailler (manger)? Je crève la dalle! (avoir faim). Papa a le seum, je suis grav’ des’ (vraiment désolé) d’avoir cassé l’ambiance. Merci, tu gères !
Ça va pas ou quoi là ! T’es reloue, meuf! Wesh, gros ! T’as pas une clope ? Vas-y, elle m’a saoulé. T’es sah là? (sérieux) C’est la D (la mouise, la merde) ! C’est la dech’ (déchéance, il n’y a rien), le zbeul (désordre, foutoir, chaos total).
Le langage tend à l’agressivité et à la violence. En plus de s’anglicaniser, il inclut désormais des mots arabes en plus du verlan. À tout ceci s’ajoute les fautes d’orthographe, de grammaire, de conjugaison, de syntaxe… En tout genre.
Les gens ne savent plus écrire ni parler. Le niveau intellectuel est en baisse. Ah mais pas de panique ! L’IA va résoudre le problème en écrivant à notre place. Comme c’est tout un art apparemment, des cours sont proposés et remboursables par le compte CPF de formation. Notre société se précipite dans un déclin en chute libre.
Et comme il est facile de gouverner quelqu’un par l’ignorance, la bêtise et la désinformation sont diffusées et les gens n’y voient que du feu, naïfs et manipulables. L’esprit critique leur faisant défaut, ils ne peuvent plus répondre. Plus personne ne réfléchit alors les violences s’accroissent, certains se mettent à riposter par les poings faute de pouvoir s’exprimer par les mots.


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