Le regard sensible,
Dans ses yeux se lit
La douleur s’y lie
L’émotion perceptible
***
Malgré l’horreur,
Sa force intérieure l’honore.
Tout autour de lui, la mort.
Pourtant son sourire demeure.
***
Profond, son regard
Ne cesse de m’émouvoir.
Au fond, brille une lueur d’espoir,
Domine encore le noir.
***
De l’âme, le miroir,
Ses yeux en disent long
Sur son histoire.
Ses terres sont si loin.
***
Quel périple l’a mené jusqu’ici?
À l’abri relogé,
Temporaire, la sécurité.
En un instant, tout peut basculer.
Un camping-car pour maison
Avant sa destruction.
Son petit frère aperçoit
Une vieille dame.
Au-dessus, un drone plane
Et lâche une bombe.
Sa tête tombe,
Puis, tout s’enflamme…
Le feu se propage
Dans le parc d’à côté
Qui à son tour, disparaît…
En un instant, tout peut basculer.
Privé de son pays,
Il est réfugié ici.
Dans l’attente de la fin des conflits,
Un soulagement, la fin des conflits.
***
Alors vers l’aéroport,
Il prend son envol.
L’avion décolle.
Résigné, il songe à son sort.
***
Que lui réserve encore le destin ?
Tragique destin.
Sa nationalité, son identité,
Tout lui est volé.
De force, tout lui est imposé.
***
L’été prochain, tout va encore changer.
La Norvège, un autre refuge.
Une terre sans guerre, un rêve.
À la nature omniprésente,
Les lacs et les forêts l’enchantent.
La tranquillité, la paix, le rêve.
***
Un lieu où patienter
En toute sécurité
Jusqu’aux retrouvailles
Avec son pays, sa famille.
***
La solitude, la tranquillité, la paix.
Trop de malheurs, trop de douleurs.
La solitude, la tranquillité, la liberté.
Le rêve, le bonheur.
***
Les bruits ne peuvent s’oublier
Dans ce quotidien troublé.
À l’oreille résonnent
Au loin, des armes qui détonnent.
***
Le ciel s’assombrit.
L’orage tonne
Dans le lointain.
Les sons bourdonnent
Dans le lointain.
L’horizon s’assombrit.
***
À la recherche d’un abri,
Les populations s’enfuient,
Totalement démunies.
Au gouvernement se soumettent
Des familles incomplètes.
***
Dans le chaos généralisé,
Les gens démoralisés
Voient leur vie se briser.
Impuissants,
Dans l’incertitude du lendemain,
Se demandent si demain,
Ils seront toujours vivants,
Ce que sèmera le vent…
***
À Aleksandrov Oleksii
« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?
Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?
Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?
Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine


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