« Quand tu auras désappris à espérer, je t’apprendrai à vouloir. » Sénèque

Le stoïcisme est la philosophie de croire au destin et d’accepter sa place dans l’univers ainsi que de vivre en harmonie avec la nature en prenant soin de son corps et de son âme par la pratique de la vertu et le rejet des passions. Son fondateur est Zénon de Kition, fin IVe siècle avant Jésus Christ à Athènes.

Ce dogme peut être associé à l’austérité, la fermeté, le courage, l’impassibilité, l’imperturbabilité, l’indifférence, la patience, le sang-froid.

« Ce qui trouble les hommes ce ne sont pas les choses, mais les représentations qu’ils en font. » Epictète

En d’autres termes, la plupart de nos inquiétudes et préoccupations ne se réalisent pas alors pourquoi d’avance avoir peur alors qu’on y est pas encore?

La morale stoïcienne apprend que « chacun agit conformément à sa nature mais le sage agit toujours de façon parfaite mais dans des circonstances exceptionnelles. La fin de cette morale est de vivre par des choix conformes à la raison universelle : vivre en suivant la nature, puisque tout arrive par la raison universelle. Cela permet d’atteindre l’apatheia, l’absence de passion, et l’ataraxie. Mais la sagesse est un idéal très difficile à atteindre. »

Ataraxie : Tranquillité ou paix de l’âme résultant de la modération et de l’harmonie de l’existence.

Apatheia : « Souvent traduit par impassibilité, il signifie littéralement « absence de passion » et « tranquillité de l’âme » parvenue au détachement parfait ou même à l’ »impeccabilité ». »

« L’homme qui a l’âme en paix n’est importun ni à lui-même ni aux autres. » Epicure

L’objectif principal de ce dogme est d’atteindre le bonheur par la satisfaction des seuls désirs naturels et nécessaires. Cette philosophie est fondée par Epicure en 306 avant Jésus Christ et est nommée Doctrine d’Epicure.

Quatre principes le régissent sous le terme, tetrapharmakos (= quadruple remède) :

-La non crainte des dieux

-La non crainte de la mort

-La possibilité d’atteindre le bonheur

-La possibilité de supporter la douleur

L’ataraxie est l’absence de troubles (passions).

 » C’est en effet quand nous souffrons de l’absence de plaisir que nous avons besoin de plaisir mais quand nous ne souffrons pas, nous n’avons pas besoin du plaisir. Voilà pourquoi nous disons que le plaisir est principe et fin de la vie bienheureuse. »

Atomisme : Doctrine philosophique des grecs (Démocrite, Epicure) qui considère l’univers comme formé d’atomes associés en combinaisons fortuites. (dictionnaire Larousse)

Carpe Diem : Expression latine : « Cueille le jour présent sans te soucier du lendemain. », extraite d’un poème d’Horace. Il s’agit d’un appel à profiter de l’instant présent, à jouir de tous les plaisirs possibles.

« L’homme qui ne se contente pas de peu ne sera jamais content de rien. » Epicure

Blanche, ne cherche pas – c’est impie – à connaître
Quand toi, moi, nous mourrons, ni n’accorde d’estime
Aux devins : bien mieux vaut subir ce qui doit être !
Que maint hiver te reste à vivre ou soit l’ultime
Celui brisant la mer contre l’obstant caillou,
Filtre en sage ton vin : la vie est brève, et vain
Tout projet. Tandis que nous parlons, fuit jaloux
Le temps. Cueille le jour, sans croire au lendemain.

Horace (65-8 av. J.-C.) : Carpe diem (Odes, I, 11)

Le scepticisme s’oppose au dogmatisme.

« Un sage scepticisme est le premier attribut d’un bon critique. » James Russsell Lowell

Le scepticisme est la doctrine selon laquelle l’esprit humain ne peut atteindre aucune vérité générale. C’est le refus d’admettre une chose sans examen critique.

Le dogmatisme est le caractère d’une philosophie, d’une religion, qui s’appuie sur un dogme. Le caractère dogmatique est le rejet du doute, de la critique.

Si tu es sceptique, sois dogmatique, une fois convaincu, deviens épicurien puis adopte le carpe diem et finis stoïque, là, plus rien ne t’atteindra.

Ces philosophies peuvent-elles soulager quelque peu des maux de la vie, atténuer des chocs et des traumatismes?

En étant stoïque, indifférent, imperturbable, inflexible et courageux face à l’adversité, on se sent plus fort et résistant. On ne se laisse plus atteindre aussi facilement.

En étant épicurien, on se lance à la recherche de la satisfaction des désirs, des plaisirs, des besoins naturels et nécessaires. On profite de la vie en rejoignant au passage le dogme, carpe diem, cueillir le jour sans se soucier du lendemain, c’est à dire profiter de l’instant présent sans se préoccuper des soucis et des problèmes, prendre ce que la vie nous donne et en être content, se dire que c’est toujours ça de pris, de gagné, que c’est positif.

En étant sceptique, on aiguise son esprit critique et on ne se fait plus avoir , on réfléchit plus attentivement. Avec sagesse, on doute et étudie la situation, on s’interroge et cela contribue à prendre de meilleures décisions, à faire des choix plus avisés et donc à moins souffrir.

Le stoïcisme, c’est aussi la croyance au destin. Il y a des évènements à venir sur lesquels on ne peut pas influencer peu importe combien on se débat et proteste, ce qui doit arriver, arrivera.

Bien sûr, il y a aussi des évènements sur lesquels on peut influer. Le destin se provoque aussi et il faut savoir prendre sa vie en main.

Lorsqu’on se laisse submerger par les émotions, on perd le contrôle de la situation dans laquelle on finit par se noyer lamentablement. Le stoïcisme apprend le contrôle de soi, le sang-froid.

La vie est pleines de surprises, de rebondissements, d’imprévus, de retournements de situations, de révélations, de découvertes… En lâchant parfois prise, on peut apprendre combien la vie se révèle belle quand on s’y attarde un moment. Dans le tumulte du quotidien, les humeurs vacillent, la fatigue s’installe et on ne prend plus le temps de voir ce qui nous entoure et les personnes à nos côtés. L’esprit et le corps sont surmenés et une pause est quelques fois la bienvenue.

On ne peut pas contrôler l’univers ni freiner la course du temps, on n’est pas non plus le maître du monde. On est simplement humain et un peu d’humilité et de tranquillité feraient redescendre l’égo de l’Homme qui cherche à dominer les éléments en vain. Il arrive des moments où il se rend compte qu’il n’est pas tout puissant et prend conscience de ses limites, de son inefficacité, de sa vulnérabilité, ses faiblesses et se met à réfléchir autrement.

En ce moment, l’Homme ne cherche t-il pas à combler ses lacunes par la technologie, la modernité, la science, cherchant à s’élever toujours plus haut peu importe les obstacles sur sa route?

A Cassandre

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d’espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laissé cheoir !
Ô vrayment marastre Nature,
Puis qu’une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.

Pierre de Ronsard, Les Odes

Laisser un commentaire

« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine