Voici deux autres poèmes de Pierre Louvet que je partage ici. De jolis textes plaisants à découvrir.
Les Figures de l’ombre
Dans le pli discret des murs silencieux,
Elles marchent sans bruit, sans nom glorieux,
Visages effacés sous l’encre du soir,
Gardiennes secrètes d’une autre mémoire.
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Elles tracent des routes que nul ne voit,
Constellations cachées au revers des lois,
Calculant l’aube à l’abri des regards,
Semant l’espace au cœur du brouillard.
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Leurs mains parlent en chiffres et en lumière,
Architectes patientes d’un monde à faire,
Quand l’Histoire hésite à prononcer
Les noms que le silence a longtemps glacés.
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Figures de l’ombre, forces invisibles,
Dont les pas minuscules deviennent cibles
Du temps qui répare, du temps qui révèle
Ce que l’oubli tenait sous ses ailes.
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Car dans l’obscur naît parfois la clarté,
Et l’ombre elle-même apprend à briller.
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Officiers de l’ombre
Ils marchent là où la lumière s’efface,
Entre le vrai silence et la menace,
Son nom se dissout dans les couloirs du vent,
Et son devoir commence là où finit le chant.
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Ni médaille brillante ni foule en liesse,
Seulement l’ombre pour unique promesse,
Le poids du secret cousu sur la peau,
Et la nuit pour compagne sous le manteau.
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Il veille aux frontières que nul ne voit,
Celles du doute, celles de l’effroi,
Stratège patient, funambule discret,
Il avance masqué, mais jamais imparfait.
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Son arme première est le regard,
Lire le monde avant qu’il ne soit trop tard,
Comprendre les failles, prévenir l’orage,
Eteindre l’étincelle avant le carnage.
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Officier sans statue, héros sans histoire,
Il protège l’aube loin des regards,
Car certaines victoires, pour rester paix,
Doivent naître et mourir dans le secret.
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Sous les réverbères qui s’éteignent au fil,
Il avance avec la lenteur d’un fil,
Chaque pas résonne dans les ruelles froides,
Et son souffle s’étire entre les façades.
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Il connaît les visages derrière les masques,
Les murmures qui brisent les tâches,
Il observe, silencieux, les alliances,
Les trahisons naissant dans l’absence.
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Parfois il doute, parfois il chancelle,
Mais son honneur est sa plus belle sentinelle,
Il porte la solitude comme une armure,
Sa conscience comme seule ouverture.
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Les vents de minuit lui murmurent l’histoire,
Des batailles perdues et des victoires,
Chaque mission gravée dans son esprit,
Chaque ombre traversée est un défi.
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Il n’attend pas de gloire, ni de louange,
Seulement le calme après la tempête étrange,
Car dans son monde où l’ombre règne,
Le vrai courage n’a jamais besoin de scène.
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Officier de l’ombre, gardien du silence,
Il trace sa route avec persévérance,
Entre lumière et ténèbres, il avance,
Et dans le secret, il trouve sa délivrance.
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