Réflexions sur la société

Dans cette société individualiste, que va t-on devenir avec cette modernité grandissante ?

« L’homme est ainsi bâti : quand un sujet l’enflamme,

L’impossibilité disparait de son âme.

Combien fait-il de vœux, combien perd t-il de pas,

S’outrant pour acquérir des biens ou de la gloire !

« Si j’arrondissais mes Etats !

Si je pouvais remplir mes coffres de ducats !

Si j’apprenais l’hébreu, les sciences, l’histoire ! »

Tout cela, c’est la mer à boire;

Mais rien à l’homme ne suffit.

Pour fournir aux projets que forme un seul esprit,

Il faudrait quatre corps; encor, loin d’y suffire,

A mi-chemin je crois que tous demeureraient :

Quatre Mathusalems bout à bout ne pourraient

Mettre à fin ce qu’un seul désire. »

Jean De La Fontaine

Les écrans remplacent le papier et le stylo, les applications de rencontre remplacent les rencontres traditionnelles, la population est vieillissante et plus personne ne veut d’enfants. Les animaux remplacent les bébés, les gens sont ravis d’en avoir et s’affichent en leur compagnie sur les réseaux sociaux. Cette amitié protège les animaux, en cela c’est positif.

Par manque d’argent et d’ambition, les gens ne croient plus au bonheur familial. Ils préfèrent se changer les idées en sortant entre amis et en consommant de l’alcool en musique afin d’oublier le vide de leur existence et de décompresser.

Même les relations sexuelles sont vues comme un moyen de s’aérer l’esprit et de se détendre, comme un amusement, une distraction. Soit les deux partenaires sont consentants ou seulement l’un des deux ce qui est incorrecte et provoque une grande déception.

Finalement, c’est une philosophie de l’instant présent, échapper à la réalité de l’avenir. Ne pas s’engager pour fuir toutes éventuelles responsabilités, se décharger d’avance de la tournure que pourrait prendre les évènements, vivre en se sentant ainsi plus léger, pas de pression ni de stress puisqu’aucune relation n’a réellement commencé.

Garder un bon souvenir de cette aventure sans lendemain qui fera sans doute partie des souvenirs de fêtes et de soirées.

Les sentiments entrent peut-être en compte mais pas l’Amour.

L’envie et le besoin de demeurer dans l’insouciance pour oublier combien la vie peut parfois être difficile.

L’amitié apparait comme une relation plus facile à entretenir. Une fête ne se fait pas tout seul et il faut bien avoir quelqu’un avec qui discuter et rigoler.

Cela me fait penser à la Belle Epoque où la population se saoulait à l’absinthe pour oublier ses soucis et profiter de la vie. La guerre de 1870 était passée et la Première Guerre Mondiale n’avait pas encore eu lieu. Le travail était omniprésent et le rythme effréné. Le soir, il fallait bien décomprésser.

L’absinthe était un fléau. Un puissant alcool qui faisait perdre la tête, les dégâts étaient notables. L’Etat a eu du mal à résoudre cette situation. Il a essayé d’interdire la vente, de bloquer la production pour couper à la source, d’augmenter les prix… Les gens trouvaient un moyen d’en préparer clandestinement et de continuer à consommer bien que de qualité moindre.

Le peuple parvient toujours à contourner les interdictions et les lois pour atteindre ses buts.

Cela a toujours été ainsi mais cette fois, la population semble s’être désintéressée de l’idée de l’Amour et des enfants privilégiant leur carrière professionnelle et l’amusement et la détente. Les sentiments profonds n’existent plus ou se raréfient.

A partir d’un certain âge, il n’est plus possible de se contenter seulement d’aventures. Si la prise de conscience se fait trop tardivement, quel avenir auront-ils? Beaucoup finiront seuls et isolés.

« La morale la meilleure en ce monde où les plus fous sont les plus sages de tous, c’est encore d’oublier l’heure. »

Paul Verlaine

Les besoins dans le service à la personne augmentent. Cela fait partie des métiers d’avenir.

Au Japon, depuis longtemps, c’est un problème majeur, le vieillissement de la population.

Le manque d’intérêt aux relations amoureuses et la sexualité en est la cause. le nombre d’enfants est limité. la condition féminine est telle que les femmes souhaitent rester célibataires pour être libres et indépendantes. Résultat, la population ne se renouvelle plus.

Il faut que les mentalités changent sinon notre société court à sa perte. Dans de précédents articles, je parlais du monde du travail, c’est une préoccupation aussi. Je pense que les problèmes sont bien connus et qu’il faut appliquer des solutions.

« Les gens sans bruit sont dangereux :

Il n’en est pas ainsi des autres. »

Jean De La Fontaine

16 réponses à « Réflexions sur la société »

  1. Vous esquissez des idées intéressantes dans cet article. Je voudrais, si la chose est possible, essayer de tempérer le pessimisme que j’y ressens, je n’ai malheureusement que mes impressions et mon ressenti à vous opposer comme démenti, je ne suis pas sûr que ce soit bien suffisant.
    Cependant, l’impression que j’ai — et encore une fois, sans rien pour l’étayer donc n’hésitez pas à la rejeter si elle ne vous convient pas —, c’est que vous décrivez ici un microcosme bien particulier, qui est celui des réseaux sociaux et de la société virtuelle. Celle-ci est construite autour de l’idée de « moi », « je » dois me mettre en valeur, « je » dois faire des vues, faire des partages, provoquer des réactions, « mon » post, « ma » photo doit devenir virale. Je crois que la vraie vie, ce n’est pas tout à fait ça. Rencontrer réellement quelqu’un, créer de vraies relations, en dehors de ces réseaux (ou, exceptionnellement, à travers ces réseaux) reste possible, il faut bouger, créer en dehors des écrans les conditions de ces rencontres, dans l’idéal pas dans l’unique but de créer ces rencontres, qui ne viendront de toute façon qu’à titre incident…
    Ne pas chercher, mais se mettre en position de trouver, c’est facile à écrire, un peu plus compliqué à faire ! Je vous souhaite beaucoup de courage !

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    1. Non, je ne parlais pas que des réseaux. Je parlais de la société dans son ensemble. Les anciennes générations n’ont pas à s’en inquiéter, ils ont déjà quelqu’un dans leur vie et des enfants et à leur époque, ce n’était pas encore comme ça.
      Quant est des générations actuelles ? Cela est vraiment effrayant !

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      1. J’ai bien compris que vous parliez de la société en général, mais ce que je veux vous dire, c’est que j’ai trouvé ce dont vous parlez sur les réseaux sociaux, moins dans la vie réelle. Mais je suis de la génération qui a vu apparaître le web “1.0”, puis “2.0” quelques années après l’apparition d’un petit moteur de recherche appelé “google”, puis ces sites qui allaient devenir si importants…
        Effectivement, je ne sais pas ce qu’il en sera des personnes qui ont grandi avec les réseaux sociaux, peut-être qu’elles vont intérioriser d’une manière ou d’une autre la toxicité de ces réseaux…
        J’ose espérer toutefois qu’il se trouve encore des personnes, y compris chez les plus jeunes, dont les racines sont un peu plus profondes… Est-ce un vœux pieux…? Peut-être.

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      2. Oui ça aussi ces effrayant. Les réseaux sociaux, tout ce que vous avez expliqué, les robots humanoïdes, l’intelligence artificielle… Des machines qui peuvent remplacer les humains. Il y a eu plusieurs films qui ont traité sur le sujet, j’espère que ce n’est pas prémonitoire.

        Finalement, ce n’est que de la distance, personne ne se connaît vraiment. Mon frère m’a dit à plusieurs reprises qu’il faut se tourner vers les applications de rencontres pour voir du monde.

        Si j’ai écris cet article, c’est pour inviter à réfléchir et à prendre conscience de la réalité dans laquelle on vit. C’est catastrophique.

        On va devenir comme l’Asie à terme…

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      3. Ah, les « I » A… Tout un programme en soi ! Aujourd’hui, je suis tombé sur Threads sur quelqu’un qui disait avoir posé une question géopolitique complexe à l’un de ces programmes, et a détaillé la réponse qu’il a reçue.
        Sauf que cette réponse a autant de valeur sûre s’il l’avait lue dans l’horoscope du matin, les programmes dits « d’intelligence artificielle » ne font rien d’autre que recracher un texte qui, d’un point de vue purement statistique, a du sens.
        Les progrès ont été énormes ces dernières années, au prix de centrales nucléaires dédiées à faire fonctionner les machines nécessaires à l’entraînement et d’années de travail pour les personnes qui ont « entraîné » ces modèles. Cependant, il n’y a rien d’intelligent là dedans, juste un fonctionnement statistique qui indique de dans le cas de la question posée, une réponse attendue possible est celle qui a été donnée…
        Je suis triste que, pour certaines personnes, ces trucs soient vus comme des oracles. Ça me rappelle un livre que j’ai lu il y a très, très longtemps : “La planète aux vents de folie”, qui ouvre le cycle de Ténébreuse de M.Z.Bradley (une autrice aujourd’hui à l’index, elle a couvert des activités malsaines de son mari sur des enfants).
        L’histoire raconte les aventures d’un vaisseau de pionniers terriens qui a été détourné de sa route et a échoué sur une planète inconnue. Il n’est pas en état de repartir, la planète est très pauvre en métaux donc il faudra du temps pour faire les réparations – plusieurs générations.
        Le premier réflexe des pionniers est d’enregistrer toutes leurs connaissances sur l’ordinateur du vaisseau, pour que les générations suivantes puissent y accéder. Jusqu’à ce qu’un “terroriste” le fasse exploser : il voulait empêcher que, quelques années plus tard, une nouvelle caste sacerdotale ne prenne le contrôle de cet ordinateur et des ses réponses pour en faire un nouveau dieu.
        L’IA n’a rien d’un dieu, ni d’un oracle, ses “hallucinations” en font un outil au mieux peu fiable pour trouver des réponses…

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      4. Rien ne vaut l’esprit humain, pourquoi le remplacer par des machines ?
        C’est, encore une fois, très effrayant mais c’est vrai ce que vous dites.
        Pour les offres de travail, souvent c’est l’IA qui répond pour les premiers éléments de réponses.
        J’avais aussi assisté à une conférence avec plusieurs intervenants.
        Il y en avait qui utilisait l’IA pour alimenter son compte LinkedIn, ça répondait aux commentaires à sa place.
        Et cette japonaise qui avait écrit un livre entièrement avec l’IA.

        Mais où va le monde bon sang ? Et on nous fait croire que c’est une idée géniale, une avancée technologique exceptionnelle. Tu parles ! Ça va juste détruire l’humanité dans quelques années ! Tout ça se retournera contre nous un jour et on aura que les yeux pour pleurer, on ne pourra s’en vouloir qu’à soi même !

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      5. À mon niveau, à part écrire des articles pour faire réfléchir, je ne peux rien faire de plus…

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      6. C’est un bon début 😊

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      7. Le journalisme et la littérature ont aussi ce genre de buts

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      8. Je crois que ça s’est un peu perdu pour ce qui concerne le journalisme, je trouve que ce métier est entré dans la course au buzz, il faut être le premier à publier pour faire du bruit, et si vérifier les sources prend du temps, on le fera plus tard. Après tout, article + démenti, ça fait 2 publications…
        Et ceci est dit sans vouloir vous vexer. Ceux qui refusent d’entrer dans cette course existent, mais il faut les trouver.

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      9. Mes articles sont uniques si vous regardez bien, j’ai un style à part. Et je ne fais pas la course. J’alimente mon magazine pour le faire vivre et j’essaie d’intéresser les lecteurs. Je ne suis pas dans la mentalité et la démarche que vous décrivez mais en effet parmi les autres, une majorité est comme ça et c’est déplorable. Ça fait perdre le travail en qualité. Encore le business, l’argent ? Cette manière de penser ?

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      10. Ma remarque n’était pas une critique sur votre travail, dans votre cas on sait que l’humain est là, ne vous inquiétez pas 😊

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      11. Je n’ai pas dis que c’était une critique. En bref, j’ai dis que vous aviez raison mais que fort heureusement, ce n’était pas mon cas.

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  2. Il y a quelques colibris sur Terre qui font leur part. Ce sont ces colibris qui sauveront le monde. J’ai aussi tendance à être pessimiste, mais je me raccroche à l’espoir. Car l’espoir fait vivre.
    L’évolution de l’Homme et ses nouvelles technologies n’ont pas que du bon. La société devient plus individualiste et égoïste. Heureusement, si la majorité suit ce mouvement, quelques perles rares font la différence. Ces perles ont besoin de beaucoup d’énergie, de volonté et de patience. Je me rattache à ces perles, à ces colibris.

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    1. Je repense à tous ces films au sujet de la modernité, de la robotique et de la technologie… Vont-ils se réaliser ?
      D’un autre côté, sur d’autres aspects, la modernite et la technologie ont apporté des progrès et des espoirs comme dans le milieu de la médecine. La maladie de parkinson, les personnes en fauteuil roulant, des opérations…

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    2. C’est vrai qu’une minorité peut faire la différence. Perdu dans la masse, les autres, le reste, passe inaperçu.

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine