Déni, lâcheté et non-dits

« Il est bien rare que le cœur mente, mais on n’aime pas à l’écouter. »

Denis Diderot

L’impossibilité de vouloir savoir et comprendre, le refus de voir la vérité, la réalité est fuie. Il est, en effet, plus aisé de se rallier à l’avis général plutôt que de prendre le parti d’un seul individu isolé qui demande qu’à être écouté et cru. Des années, peut-être toute une vie à demeurer dans l’ombre des autres qui refusent de voir. Tel un mécanisme de défense de leur esprit, ils sont dans l’incapacité d’ouvrir les yeux tant cela leur apparaît comme une difficulté insurmontable.

Imposer son opinion et défendre ses idées semble être une action qui demande du courage. Cela demande du cran de se démarquer et de se marginaliser.

« Les choses ne sont pas si douloureuses ni difficiles d’elles-mêmes; mais notre faiblesse et lâcheté les font telles. »

Michel de Montaigne

La lâcheté de défendre cette personne, rebus du groupe, parce qu’on se sent plus fort à plusieurs. Qui aimerait se mettre en position de faiblesse et s’attirer les foudres des autres, faire face à l’hostilité et à l’adversité en faveur d’une personne unique ? Devenir deux demeure un nombre minoritaire en comparaison au poids de la majorité.

De plus, pour y parvenir, il faut ouvrir son esprit et accepter la différence. Une croyance populaire est de se dire que si tout le monde le dit c’est que cela doit être vrai puisque tous le pense alors forcément, il doit y avoir une part de vérité. Là est l’erreur commise.

« Quand la bouche dit : oui, le regard dit peut-être. »

Victor Hugo

Par souci de se conformer à l’ensemble, certains préfèrent se taire redoutant les conséquences et les représailles que pourrait engendrer une prise de parole.

Parfois, des mystères restent enfouis de nombreuses années tout comme des secrets non révélés par crainte des réactions que cela susciterait. Personne, en fait, ne sait vraiment ce qu’il en est. De manière générale, la facilité est toujours préférée. Qui privilégierait l’inverse?

Ainsi, une parole contre plusieurs autres ne fait pas le poids. Une version s’oppose à toutes les autres et parait trop incroyable pour être plausible.

Même en politique, la majorité l’emporte et il est dur d’élever sa voix et de se faire entendre.

« En se résignant, le malheureux consomme son malheur. »

Honoré de Balzac

A la longue, le découragement et le désespoir mènent à la résignation et à la lassitude. L’impuissance et la fatalité contraignent à l’abandon. S’exprimer en vain, s’épuiser, une histoire qui s’éternise et ne trouve pas d’issues, que faire?

Au sein de nombreuses communautés, groupes, entreprises et familles, ce type de problématique est courante. Les victimes sont toujours seules et doivent tirer leur force de leurs faiblesses et avancer dans la vie en espérant trouver le bonheur sur leur route.

« On n’est jamais si heureux ni si malheureux qu’on s’imagine. »

François de La Rochefoucauld

Mélodie d’accompagnement : L’art de la fugue de Bach.

2 réponses à « Déni, lâcheté et non-dits »

  1. Je partage ces explications. Beaucoup sont des moutons ou des chevaux avec des œillets. Je viens de lire un livre très intéressant « La grenouille qui ne savait pas qu’elle était cuite », de Olivier Clerc. Pour compléter cet article 🙂 Belle journée

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    1. Cet article fait référence à des sujets graves alors j’ai préféré ne pas me montrer trop explicite aussi pour toucher un maximum de thèmes…

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine