Voici un article qui parlera à tout français habitué de ces mésaventures qui deviendront des anecdotes amusantes à raconter. Dans notre pays, il y a un certain nombre de choses qu’il est préférable de prendre à l’humour afin de pouvoir garder son calme et son sang-froid.

En gare de Mulhouse, voie 7, départ 18h16, destination Strasbourg, arrivée prévue à 19h09.

Dans l’insouciance, le trajet commence. Pour l’heure tout va bien, je regarde le ciel orangé, l’horizon qui s’assombrit, c’est la fin de journée. Je me détend en admirant les Vosges, des paysages que je connais bien quand soudain…

« Votre attention s’il-vous plait, le train s’est arrêté en pleine voie et il est susceptible de repartir à tout moment. Je reviendrai vers vous pour de plus amples informations dès que j’aurais réussi à joindre le conducteur.« 

Quelques instants plus tard.

« N’ayant pas réussi à joindre le conducteur pour l’instant, j’ai contacté le service opérationnel. Un individu se trouve sur les voies et ne bouge pas. Le train est susceptible de marquer des arrêts en attendant de faire partir l’individu. Nous reviendrons vers vous pour de plus amples informations. Nous nous excusons pour la gêne occasionnée.« 

Les passagers se mettent à ricaner, je souris aussi. Tentative de suicide? En tout cas, le train se trouve retardé.

Nouvelle annonce quelques instants plus tard. «  Cette personne se trouve actuellement sur les voies et nous attendons l’intervention des forces de l’ordre. Cette personne refuse de sortir des emprises. Cette personne se trouve devant le train qui est juste devant nous. Je n’ai pas de délai à communiquer. » Il trouve judicieux d’ajouter qu’il ne faut en aucun cas tenter de sortir du train.

Le train repart enfin et accusera un retard de plus de 40 minutes. Entre temps, la nuit est tombée. « Comme vous avez pu le constater, le train à destination de Mulhouse vient de passer et nous pouvons repartir. Le train entreprend une marche prudente vers Colmar. Cette reprise est due au fait que les forces de l’ordre sont intervenues et que la personne a été mise hors de danger. Le train sera limité en gare de Sélestat et il faudra emprunter un autre train, celui qui se trouve derrière nous, pour les passagers à destination de Strasbourg.« 

Importantes perturbations donc. Soupirs d’agacement générales avant que…

« La signalisation ferroviaire impose un arrêt en pleine voie.« , dit-il en soupirant, lui aussi manifestement agacé par la situation. « Merci pour votre attention.« 

La patience a ses limites. La SNCF et ses désagréments. Au fait, quand ont-ils prévu une grève? Voilà un moment qu’il y en a pas eu, cela ne saurait tarder. Ah, c’est vrai, des travaux sont en cours sur le réseau suisse. Ils sont occupés ailleurs. Il faut bien varier les plaisirs.

Pour rappel, train 18h16 au départ de Mulhouse, il est 19h11 à cet instant et le train est en route vers Colmar. A quelle heure est prévue l’arrivée à Strasbourg? Normalement, à 19h09. Puis, finalement 19h39. A présent, parcours modifié. Fin des perturbations prévues à 19h30. Sous réserve de retards et de suppressions de trains, bien entendu, n’est-ce pas. Il est conseillé de se tenir informé de l’état du trafic en temps réel.

D’autres informations suivront.

19h17. « Dans quelques instants, nous arriverons en gare de Colmar et nous serons reçus voie A à gauche dans le sens de circulation du train. Arrivée avec un retard de 45 minutes. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser pour la gêne occasionnée en vous remerciant de votre compréhension. »

19h19, le train s’arrête à Colmar. Quelques précisions : à ma connaissance, Colmar-Sélestat et Sélestat-Strasbourg, les trajets durent 10 minutes chacun donc à ce stade, un total de 20 minutes pour rejoindre Strasbourg est à supposer, en théorie. A cela, ajoutons le changement de train en gare de Sélestat.

Attente d’informations complémentaires.

Il aurait été préférable de prendre le train précédent. « Je vous rappelle que ce train est à destination de Sélestat. Veuillez ne pas quitter ce train pour que je puisse lancer le départ.« 

« Les passagers à destination de Strasbourg devront changer de train en gare de Sélestat.« 

19h26, le train est à nouveau en route.

 » Votre attention, les passagers à destination de Strasbourg devront emprunter le train de 19h44 avec une arrivée prévue à 20h04. Le train vous accueillera voie B comme Bravo et nous serons reçu voie D comme Delta.« 

Je fais alors une découverte, dans le domaine ferroviaire, l’alphabet aéronautique est donc utilisé. Intéressant.

« Je vous rappelle que le retard est causé par un individu se trouvant sur les voies entre Rouffach et Herrlisheim à proximité de Colmar.« 

19h32, arrivée à Sélestat.

19h44, à l’heure dite, le train n’est pas là. Ah si ! Son entrée en gare vient d’être annoncée. Enfin.

Le train bondé de monde n’offre aucune place assise. 19h50, le train se dirige vers Strasbourg. Il faudra rester debout au milieu de tous les passagers nombreux à occuper ce train. Au total, il a nécessité plus de 2h pour atteindre Strasbourg.

20h03, le train ralentit mais il n’arrivera pas à 20h04 comme annoncé.

20h10, voie 5, le train est enfin à Strasbourg. Quelle aventure !

Le spectacle où je comptais me rendre était prévu à 20h, une chance que l’accueil que j’ai prévenu fasse preuve d’indulgence! Etant donné que chaque improvisation dure quelques minutes, j’ai pu entrer discrètement. Une pause vers 21h. Ensuite, j’ai dû repartir, me remettre en route vers la gare. Déjà, oui. Là-bas non plus, pas de place assise disponible et il faisait chaud, une étuve là dedans.

21h50, je quitte la salle et me voilà à nouveau en chemin. 22h12, mon train est à 22h21. Il me faut me dépêcher. Espérons que le trajet retour se passe sans encombre.

Bien arrivée à Mulhouse où comme chaque fois, je dois expliquer la route au taxi parce que le GPS n’indique pas le bon itinéraire pour rentrer. Les technologies ne sont pas infaillibles. Comment faisait-on avant ces gadgets? Bonne question, hein ?

Ah qu’est-ce que je disais ! Une grève est prévue aujourd’hui. Le lendemain de ces désagréments.

4 réponses à « La SNCF »

  1. Ma sœur, venant me chercher en gare de Strasbourg, quand elle voit une voiture avec le logo SNCF tentant de s’insérer dans la circulation : « Ah, tiens, là il est pressé, quand il veut rentrer chez lui, hein ? Bon, ben il attendra un peu ! ».
    Et sinon, vous m’avez rappelé la plus grosse panique ferroviaire que j’aie vécu jusqu’à présent : je devais rentrer de Grenoble, où je travaillais et vivais en semaine, vers Lyon où j’habitais. Ce soir-là, les salariés d’une entreprise en grève avaient décidé qu’on ne parlait décidément pas assez d’eux, et qu’en conséquence il fallait qu’ils s’enchaînent sur les voies de la ligne Lyon-Grenoble. Résultat : détour par Chambéry, et plus de deux heures de retard. Pour une fois, il s’agissait d’usagers et non de la SNCF…

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    1. Qu’est-ce qu’ils vont encore inventer, attendons de voir. Récemment, j’avais entendu une annonce SNCF disant qu’une mère avait trouvé bon de traverser les voies au mépris de la sécurité de son enfant. Les gens font décidément n’importe quoi.

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  2. La ligne Bâle-Strasbourg est très fréquentée et le moindre problème entraine des retards. Je prends le train de Mulhouse à Colmar 3 à 4 fois par semaine et cela se passe plutôt bien. Les bagages oubliés/ vols de câbles/ individus ou animaux errant sur les voies/ conditions météo ou accident de personne sont difficiles à anticiper. Dans mon métier je rencontre chaque jour des difficultés imprévisibles alors je pense que chacun fait du mieux qu’il peut.

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    1. En vol, les avions sont peut-être plus tranquilles… Dans le ciel… Mais là aussi, ils sont confrontés à de multiples difficultés, contraintes, problématiques… Réglementation… Météorologie…

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine