militaire, guerre
Etymologie
Du latin, bellum dont on tire le mot belliqueux, non, l’origine est francique, werra qui signifie dĂ©sordre, mĂ©sentente dont l’initiale w se maintient en anglais pour donner war mais Ă©volue phonĂ©tiquement vers g dans les langues romanes, guerre.
En allemand, Kriege liĂ© Ă une autre racine germanique signifiant d’abord, obstination, effort, conflit, on retrouve aussi, Kraft, puissance et l’origine francique se voit plutĂ´t dans l’adjectif wirr, chaotique.
« Werra signifiait troubles, désordres, querelle. Plus tard, en vieux haut allemand (l’allemand d’avant le XIe siècle) on retrouve le mot werra avec le sens de scandale, querelle. Puis, en moyen néerlandais (parlé entre le XIIe et le XVIe siècles), le mot s’est transformé en werre
 et a signifié désordre, querelle, guerre. »
https://dictionnaire.orthodidacte.com/article/etymologie-guerre
« Du latin conflictus, heurt, choc, lutte, attaque, dĂ©rivĂ© de confligere, heurter, opposer composĂ© du prĂ©fixe con- ensemble et de fligere, heurter, frapper. Comme combat, c’est Ă©tymologiquement le fait de lutter ensemble. »
Faire la guerre, to wage war, to wage mener la guerre, Krieg führen, führen diriger la guerre, faire, mener et diriger, chacun utilise un verbe différent pour exprimer la même chose.
Entrer en conflit, in Konflikt geraten, geraten se retrouver, come into conflict, entrer dans, ici les verbes utilisĂ©s sont similaires et se rejoignent. Conflit, Konflikt, conflict, le mot conflit est semblable aussi. LĂ , on est sur la mĂŞme longueur d’onde.
Et la paix ? « Issu du latin pax, pacis, (…) Concorde, tranquillitĂ© qui règne Ă l’intĂ©rieur d’un État, entre les divers groupes d’une sociĂ©tĂ©. »
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« Paix vient du latin pax, pacis, qui désigne l’action de passer une convention entre deux opposants. Le verbe latin pacificare est dérivé de ce mot. Il a donné en français le verbe pacifier
qui signifiait d’abord faire la paix, trouver un accord et dont le sens a légèrement évolué : aujourd’hui il veut dire ramener la paix mais également faire cesser une rébellion, rétablir l’ordre, éventuellement en utilisant la force. »
https://dictionnaire.orthodidacte.com/article/etymologie-paix
La paix, Peace, der Frieden. La liberté, Freedom, die Freiheit. Se libérer, to free, sich befreien. Frei, free.
Du latin libertas, le sens premier de libertĂ© est : « pouvoir d’exercer sa volontĂ© ou d’opĂ©rer des choix. » On dĂ©nombre plusieurs type de libertĂ© : la libertĂ© naturelle, la libertĂ© civile et individuelle, la libertĂ© de conscience, des cultes, de pensĂ©e, d’opinion, d’expression, de la presse, de rĂ©union, d’association, de travail, la libertĂ© syndicale, d’enseignement, d’entreprise, des mers, de l’air… liste non exhaustive.
https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9L0729
On fait la guerre afin de rétablir la paix et la liberté.
Du latin populaire combattere, combattre, altération de combattuere, le combat, « Affrontement entre des individus ou des groupes, impliquant attaque et défense de part et d’autre. »
Du latin disputare, examiner, discuter, raisonner, le combat peut faire suite à une dispute, « Discussion plus ou moins vive à propos d’idées, d’opinions ou d’intérêts. »
Débattre, au sens de battre fortement, d’où se débattre, dérivé de battre, « Discuter une question, une thèse, une opinion, entre plusieurs personnes dont chacune expose ses arguments. » On en tire le nom débat.
La guerre dĂ©coule donc d’un profond dĂ©saccord suite Ă une discussion animĂ©e qui n’a conduit Ă aucun compromis pouvant Ă©viter un conflit. Les idĂ©es Ă©tant trop opposĂ©es, une rupture a Ă©tĂ© observĂ©e entre les partis du dĂ©bat ce qui a entrainĂ© la violence.
Eine Debatte, eine Diskussion, diskutieren, ein Streit (une dispute). An argument, argue, a debate, a discussion, discuss, to debate. Un débat, une discussion, une dispute. Un argument, an argument, ein Argument. Les termes sont en accord.
En Ă©tudiant l’Ă©tymologie des mots et en comparant avec d’autres langues, on met en lumière et comprend des choses.
Quelques citations philosophiques
Nicolas Machiavel, Le Prince, 1532. « Je pense, au surplus, qu’il vaut mieux être impétueux que circonspect, car la fortune est femme : pour la tenir soumise, il faut la traiter avec rudesse ; elle cède plutôt aux hommes qui usent de violence, qu’à ceux qui agissent froidement. »
« Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le cœur des hommes que la violence et la barbarie. »
« Depuis cette Ĺ“uvre, l’adjectif machiavĂ©lique est entrĂ© dans le vocabulaire français, et dĂ©signe une personne calculatrice, voire perfide (…) » De la guerre aux questions Ă©conomiques et financières, tous les sujets sont traitĂ©s, jusqu’à la question de la popularitĂ© du prince. Machiavel y avance l’idĂ©e que le prince doit avoir l’air humain, mais aussi se montrer inhumain si nĂ©cessaire. Il place ainsi la raison d’État au-dessus de la religion et de la morale. Cette idĂ©e que le bien de l’État l’emporte sur les autres valeurs reflète l’expression de l’esprit national italien de la Renaissance. »
Thomas Hobbes, Léviathan, 1651. « La violence et la ruse sont en temps de guerre les deux vertus cardinales. »
François de La Rochefoucauld, Maximes, 1665. « La violence qu’on se fait pour demeurer fidèle à ce qu’on aime ne vaut guère mieux qu’une infidélité. »
Jean de La Fontaine, Fables, « Le Loup et l’agneau », 1668. « La raison du plus fort est toujours la meilleure. »
Blaise Pascal, Les Pensées, 1673. « La force sans la justice est tyrannique. »
Voltaire, Candide ou l’optimisme, 1759. « Candide, qui tremblait comme un philosophe, se cacha du mieux qu’il put pendant cette boucherie héroïque. »
Jean-Jacques Rousseau, Le Contrat social, 1762. « Le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître, s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir. »
Emmanuel Kant, Idée d’une histoire universelle du point de vue cosmopolitique, 1784. « L’homme veut la concorde, mais la nature sait mieux que lui ce qui est bon pour son espèce : elle veut la discorde. »
Carl von Clausewitz, De la guerre, 1793. « La guerre est un acte de violence destiné à contraindre l’adversaire à exécuter notre volonté. »
https://www.ecricome.org/epoque-moderne-la-violence
Ce dernier est l’auteur d’un traitĂ© majeur de stratĂ©gie militaire intitulĂ© De la guerre, von Kriege. On peut citer aussi : « La guerre n’est que la simple continuation de la politique par d’autres moyens. » Son traitĂ© a Ă©tĂ© lu par de cĂ©lèbres dirigeants et est Ă©tudiĂ© dans des acadĂ©mies militaires amĂ©ricaines.
https://www.herodote.net/Le_theoricien_de_la_guerre_moderne-synthese-2296.php
Voici en résumé son histoire :
« Il est admis à l’académie militaire de Berlin en octobre 1801. L’établissement est dirigé par Scharnhorst qui devient son mentor et son protecteur. Il sort en 1804 parmi les meilleurs de sa promotion. Il est nommé aide de camp du prince Auguste de Prusse. Il participe aux campagnes de 1806. Il est capturé par les Français à l’issue de la bataille d’Auerstaedt le 14 octobre 1806 et passe deux ans en captivité, en France et en Suisse.
Il est libéré en 1808. Il devient l’assistant de Scharnhorst en 1809 en vue de la réorganisation de l’armée prussienne. En 1810, il est promu major, nommé professeur à l’académie militaire et devient responsable de la formation militaire du prince héritier de Prusse, le futur Guillaume Ier. Il se marie avec Marie comtesse von Brühl.
En 1812, refusant la collaboration militaire avec les Français, il quitte la Prusse et rejoint l’armée impériale russe. Il laisse au prince héritier un ouvrage « Des principes de la guerre« . Il participe à la campagne de Russie et parvient à retourner les généraux prussiens notamment le corps d’armée du Général Yorck contre les Français. Il devient alors officier de liaison russe auprès de l’état-major de Blücher puis chef d’état-major de la légion germano-russe. En 1814, il réintègre l’armée prussienne avec le grade de colonel. Il participe à la campagne de Waterloo en tant que chef d’état-major du 3ème corps d’armée prussien du général Thielmann.
En 1816-1818, il est membre de l’état-major du général Gneisenau à Coblence. En 1818, il est promu major-général et est nommé directeur de l’administration de l’académie militaire de Berlin, poste qu’il occupe jusqu’en 1830. Ecarté de l’enseignement, il met ces années à profit pour se consacrer à l’étude et à la rédaction de son œuvre. En 1830, il est nommé chef d’état-major de l’armée de Gneisenau levée pour surveiller et contenir la révolution polonaise.
Il meurt le 16 novembre 1831 à Breslau des suites du choléra contracté sur le champ de bataille.
Entre 1832 et 1837, sa femme, Marie fait publier son œuvre. »
https://www.histoiredumonde.net/Carl-von-Clausewitz.html
Nicolas Machiavel et Carl von Clausewitz, deux personnalités qui ont influencé le domaine politique et militaire par leur philosophie.
Finalement…
Alors faut-il vraiment en venir aux armes? La violence entraine la violence, le mal attire le mal, tant de brutalitĂ©s pour parvenir aux rĂ©sultats souhaitĂ©s qui n’ont pas pu ĂŞtre obtenus par le dialogue inoffensif et humain alors il faut se battre comme des brutes animales avec stratĂ©gie certes mais dans le sang et la mort.
La guerre est-elle toujours inĂ©vitable? Lorsqu’aucun accord ni compromis n’a Ă©tĂ© trouvĂ©, que faire d’autre? Si le temps de la rĂ©flexion et des discussions ne donne rien, est-ce la seule solution ? Faire basculer une nation entière pour le dĂ©saccord de deux dirigeants, deux chefs d’Etat, pour des idĂ©es non partagĂ©es, pour une folie qui devient meurtrière, pour un argument qui fait scandale, pour une explication qui ne tient pas la route, tout dĂ©truire et tout reconstruire apparait comme le seul moyen de rĂ©soudre l’affaire qui fait tant de bruit.
Tuer tout le monde, tous ceux qui sont opposĂ©s et on en parle plus. Mettre le feu pour en finir une bonne fois pour toutes. Pour ce faire, mettre au point des armes toujours plus destructrices avec une portĂ©e toujours plus lointaine pour mettre Ă l’abri celui qui actionne la gâchette, ajouter toujours plus de distance pour amĂ©liorer la sĂ©curitĂ©, se montrer toujours plus prĂ©cis dans les frappes, viser juste, ĂŞtre plus performant et efficace, toujours plus ingĂ©nieux, toujours plus fort.
Pour vaincre, il faut ĂŞtre puissant, invincible, intouchable. Pour la sĂ©curitĂ© et la paix, il faut prĂ©venir les conflits ultĂ©rieurs et anticiper les guerres Ă venir, avoir un coup d’avance pour se dĂ©fendre et se protĂ©ger de l’ennemi. StratĂ©gie, puissance et force. Le temps de la rĂ©flexion, le temps de la guerre et des conflits, le temps de la reconstruction, le temps de la paix. La paix et la libertĂ©. Retrouver la sĂ©rĂ©nitĂ©, un peu d’insouciance et de lĂ©gèretĂ©. Une bonne guerre pour tout remettre en place. Des traitĂ©s, des lois, des textes pour acter la paix, faire intervenir la justice pour expliquer et condamner les responsables et les coupables, la justice pour la reconnaissance des crimes, la justice pour justifier, la justice pour acter et archiver. La justice aux cĂ´tĂ©s de la libertĂ© et de la paix pour mettre un terme Ă la guerre. La guerre pour obtenir la libertĂ© et la paix.


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