géopolitique
Stefan Zweig livre un témoignage de son époque et au fil de la lecture, il y a toujours beaucoup à dire.
L’Autriche Hongrie
L’écrivain a connu une période d’insouciance dont la nostalgie ne le quitte pas. Il décrit cette époque prospère comme un temps où chacun avait la certitude d’un monde exempt de violence, optimiste face à l’avenir qui s’annonçait prometteur, espoir confirmé par de nombreux progrès.
Les tragiques événements qui se sont produits sonnèrent comme un désenchantement total, un profond choc. Alors que la guerre et le danger semblaient avoir disparus de la société, voilà qu’ils refont leur apparition et brusquement.
Ainsi, l’auteur a tout vécu, tout affronté, tout subi, enduré et a bout de souffle, il en est venu à mettre fin à ses jours. Ce qu’il appelait l’âge d’or de la sécurité, un idéalisme libéral rêvé de tous, mais aussi l’âge d’or des assurances, était perdu.
Quelle était cette ère chère à son coeur?
Une monarchie constitutionnelle (30 mars 1867-31 octobre 1918) avec à sa tête François Joseph 1er et Élisabeth de Wittelsbach, des souverains très aimés, aussi bien en Autriche qu’en Hongrie, et regrettés.
L’impératrice est morte assassinée à Genève par un anarchiste italien, Luigi Lucheni le 10 septembre 1898 et son mari l’a rejoint en 1916.
Ainsi, la fin de la Première Guerre Mondiale marque la fin de la monarchie austro-hongroise. D’autres monarchies se sont effondrées dans le même temps. Citons l’assassinat de la famille royale russe Romanov lors des révolutions russes de 1918, dans la nuit du 16 au 17 juillet sous les ordres de Lenine. La mort de la reine Victoria intervient au début du siècle, le 22 janvier 1901 après avoir règné près d’un siècle. Née le 24 mai 1819, elle est sacrée reine du Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande le 20 juin 1837 et ce, jusqu’à sa mort.
Née à Vienne le 28 novembre 1881, Stefan Zweig a assisté à la chute des monarchies voyant ainsi le monde qu’il a toujours connu s’effondrer.
L’impératrice d’Autriche et reine de Hongrie l’avait pressenti et exprimé dans ses poèmes. Visionnaire et en avance sur son temps, elle fit preuve d’une grande lucidité, aimant la liberté et les voyages comme la lecture, son esprit était ouvert et averti.
Le bonheur, hélas, ne dure jamais. Il en va de même du malheur. Toute chose a une fin mais heureusement la roue tourne.
En mars 1938, l’Autriche se voit annexée par l’Allemagne nazie de Hitler, c’est l’Anschluss.
Dépossédé de sa terre natale dont il perdra la nationalité, Stefan Zweig s’enfuit en Angleterre qui lui accordera la nationalité mais son coeur reste meurtri. Lui qui se dit apolitique se retrouve apatride. Il se rendra ensuite au Brésil et pessimiste quand au dénouement de la Seconde Guerre Mondiale, se suicide avec sa femme Lotte en 1942.
L’Europe des dictatures
Le monde se voit gouverné par des dictateurs. Lenine (1870-1924) puis Staline (1878-1953) en Russie, Mussolini (1883-1945) en Italie, Hitler (1889-1945) en Allemagne… Les monarchies ont fait place aux régimes totalitaires.
Lui qui était juif, a dû être choqué par les camps de concentration, la mort de 6 million de juifs lors de la Shoah (1933-1945).
Le rêve de prospérité est bien loin dans cette configuration apocalyptique.
Création de l’Europe actuelle
Jusqu’en 1943, le régime de Vichy en France, le général Philippe Pétain (1856-1951) est à la tête du pays puis le général Charles de Gaulle (1890-1970) prend le relais. L’Union Européenne est fondée dans les années 50 à la fin de la guerre. Les pays fondateurs sont l’Allemagne, la France, l’Italie, le Luxembourg, la Belgique et les Pays Bas.
De 1955 à 1961, Robert Schuman est le président du Mouvement Européen International et est surnommé le Père de l’Europe.
Le 7 février 1992, le Traité de Maastricht est signé et entre en vigueur le 1er novembre 1993. L’«Union européenne» est officiellement créée.
L’Autriche aujourd’hui
L’Autriche est une République Fédérale à régime parlementaire. Son président est
Alexander Van der Bellen. Elle adhère à l’Union Européenne en 1995. En avril 1955, elle déclare sa neutralité suivant le modèle suisse puis en mai le Traité d’Etat autrichien ce qui donne lieu en octobre à sa libération, les forces d’occupation quittèrent leur territoire. La même année, l’Autriche adhère à l’Organisation des Nations Unies (2002 pour la Suisse) puis au Conseil de l’Europe l’année suivante.
Et la Hongrie
La Hongrie est devenue une République Unitaire à régime parlementaire. Son président est
Tamás Sulyok. Elle devient une première fois une République à la fin de la Première Guerre Mondiale en 1918 mais sa forme actuelle, une démocratie, la Troisième République, date du 23 octobre 1989. Le texte constitutionnelle de la Hongrie entre en vigueur le 1er janvier 2012.
Après la chute de l’Union Soviétique en 1991, la Hongrie rejoint l’Europe Occidentale et adhère à l’OTAN en 1999 et à l’Union Européenne le 1er mai 2004.
La fin d’un monde
L’Autriche connait comme bon nombre d’autres pays, des conflits de classe sociale. Néanmoins, en 1900, l’Autriche est l’un des pays phare de la culture européenne et l’Autriche-Hongrie est à la veille de la Première Guerre Mondiale, le troisième Etat européen par sa population. L’Autriche-Hongrie est devenue la quatrième puissance industrielle en Europe, devançant de peu la Russie. C’était une nation puissante mais non sans vulnérabilité.
Les différences ethniques, religieuses et linguistiques sont nombreuses et cela crée des tensions. Son économie prospère, les progrès sont visibles. Sur le plan politique, elle était fragile mais sur le plan culturel, artistique et littéraire, la nation rayonnait et Vienne fut peut-être la capitale de la modernité. La Cour de Vienne était conservatrice et n’a pas su s’adapter à son époque et à l’évolution de sa société. Des artistes s’expriment à travers l’art. Une querelle des Anciens et des Nouveaux est perceptible mais n’a aucune incidence sur le régime en place plutôt apprécié.
Sans violence toutefois, suite à la défaite de l’Empire Austro-hongrois lors de la Première Guerre Mondiale, entraîné par l’émergence des pensées française et américaine qui véhiculent l’idée de nation comme source de souveraineté et s’appuyant sur les propos du président Wilson qui propose à l’Europe les principes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de l’autodétermination et de la souveraineté nationale, le régime est dissout et fait place au renouveau.
En moins de cent ans, l’Europe et le monde ont connu un bouleversement marquant et des changements profonds.


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