géopolitique
Nikita Khrouchtchev
« Permettez-moi donc de commencer par le fait que l’Ukraine moderne a été entièrement créée par la Russie, ou plus précisément, par la Russie bolchevique et communiste.
Puis, à la veille et après la Grande Guerre patriotique, Staline a ajouté à l’Union soviétique et transféré à l’Ukraine des terres qui appartenaient auparavant à la Pologne, à la Roumanie et à la Hongrie. En guise de compensation, Staline a donné à la Pologne certaines de ses terres allemandes ancestrales et, en 1954, Khrouchtchev, on ne sait pourquoi, a pris la Crimée à la Russie et l’a également donnée à l’Ukraine. En fait, c’est ainsi que s’est formé le territoire de l’Ukraine soviétique. »
En 1954, d’un simple décret, Nikita Khroutchtchev fait don, acte symbolique pour l’Ukraine qui faisait partie de l’URSS, de la Crimée à l’Ukraine après seulement quinze minutes de débat.
Le tsar Pierre le Grand s’empare de la Crimée en 1696 puis Catherine II en 1783 l’annexe après plusieurs années de désordre.
L’aristocratie de Moscou et de Saint-Pétersbourg séjournait dans les luxueuses résidences d’été de Yalta tandis que la Marine établissait le quartier général de sa flotte dans la mer Noire à Sébastopol.
« Dès là de nombreuses questions se posent immédiatement. Et la première d’entre elles, la principale : pourquoi était-il nécessaire de satisfaire, sans compter, les ambitions nationalistes sans cesse croissantes aux confins de l’ancien empire ? Transférer d’immenses territoires, souvent sans lien entre eux, à des unités administratives nouvellement créées, et souvent formées de manière arbitraire – les Républiques de l’Union. Je répète, les territoires transférés l’ont été avec la population de la Russie historique [qui y habitait].
De plus, dans les faits, ces unités administratives ont reçu le statut et une forme d’entités étatiques nationales. Je me demande une fois de plus : pourquoi fallait-il faire des cadeaux aussi généreux, dont ils n’avaient même pas rêvé, aux nationalistes les plus ardents, tout comme pourquoi donner aux Républiques le droit de se séparer de l’État unifié sans aucune condition ?
À première vue, ça n’a pas de sens, c’est une folie. »
Khroutchtchev voulait célébrer le tricentenaire du traité de Pereïaslav et la Crimée représentait un cadeau de la Russie à l’Ukraine. D’après son arrière-petite-fille, Nina, « la cession de la Crimée « était dans une certaine mesure un geste personnel envers sa république préférée. Il était russe ethniquement, il se sentait beaucoup d’affinités avec l’Ukraine. »
Voici le décret en question :
« Protocole no 41 de la réunion du Præsidium du Soviet suprême de la RSFSR.
5 février 1954.
Compte tenu de la similitude de l’économie, de la proximité territoriale et des liens économiques et culturels étroits entre l’oblast de Crimée et la RSS d’Ukraine, le Præsidium du Soviet suprême décrète :
Le transfert de l’oblast de Crimée de la RSFSR à la RSS d’Ukraine.
Ce décret est soumis à l’approbation du Præsidium du Soviet suprême. »
« Le décret du Præsidium du Soviet suprême de l’URSS transfère l’oblast de Crimée de la république de Russie à la république d’Ukraine en prenant en compte le caractère intégral de l’économie, la proximité territoriale et les liens économiques étroits unissant l’oblast de Crimée et la république d’Ukraine et approuve la présentation commune du Præsidium du Soviet suprême de la république de Russie et du Præsidium du Soviet suprême de la république d’Ukraine sur le transfert de l’oblast de Crimée de la république de Russie à la république d’Ukraine. »
« Maintenant ce sont les radicaux et les nationalistes, y compris et surtout en Ukraine, qui s’attribuent le mérite d’avoir conquis leur l’indépendance. Comme nous pouvons le constater, ce n’est pas le cas. L’effondrement de notre pays un et indivisible a été causé par les erreurs historiques et stratégiques des dirigeants bolcheviques, par la direction du PCUS, commises à différents moments de la construction de l’État, de la politique économique et de la politique des nationalités. L’effondrement de la Russie historique appelée alors URSS est à mettre sur leur conscience.
Malgré toutes ces injustices, ces tromperies et le vol pur et simple commis contre la Russie, notre peuple, précisément le peuple, a reconnu les nouvelles réalités géopolitiques apparus après l’effondrement de l’URSS et a reconnu les nouveaux États indépendants. »
Mikhaïl Gorbatchev
Mikhaïl Gorbatchev est mort le 30 août 2022 à Moscou quelques mois après la déclaration de guerre de Poutine de février ce qui rend son décès symbolique.
Architecte des réformes, il est responsable de la restauration du capitalisme et la dissolution de l’Union Soviétique par un décret lors d’un Noël en 1991 donnant naissance à quinze républiques.
Au pouvoir de 1985 jusqu’à la chute du bloc soviétique en 1991, il voulait moderniser et humaniser l’URSS avec notamment deux projets : la Glasnost (Transparence) et la Perestroïka (Reconstruction), promouvant les libertés et les transformations économiques visant à faire émerger l’URSS sans totalitarisme. Ses projets ont échoué.
Pour Vladimir Poutine qui est anti-Gorbatchev, la mort de l’URSS est la plus grande catastrophe géopolitique du XXIe siècle.
On doit à Gorbatchev la fin de la Guerre Froide mais le soviétisme lui a survécu. Il avait aussi le projet d’une maison commune européenne.
En définitive, il meurt d’une longue et grave maladie en ayant reçu en 1990 le Prix Nobel de la Paix.
Antonio Guterres, au lendemain de sa mort, dit que « Le monde a perdu un leader mondial de premier plan, un multilatéraliste engagé et un défenseur infatigable de la paix ». Le Secrétaire général a noté dans sa déclaration qu’en recevant le prix, « il avait fait remarquer que « la paix n’est pas l’unité dans la similitude mais l’unité dans la diversité« . Il a mis en pratique cette intuition vitale en empruntant la voie de la négociation, de la réforme, de la transparence et du désarmement. »
Joseph Staline
De 1932 à 1933, l’Ukraine est victime d’une grande famine, l’Holodomor (ukrainien : Голодомо́р, littéralement « famine », de la racine го́лод, « faim », et мор, « fléau », formé comme calque du tchèque hladomor, « famine », en 1933, mais qu’on peut traduire par « extermination par la faim ») faisant de 4 à 6 millions de morts sur les 32 millions d’habitants que comptait la République socialiste soviétique d’Ukraine.
Cet évènement tragique est commémoré le 4e dimanche de novembre.
« En 1939 comme en 1944-45, quels qu’aient été ses interlocuteurs, Staline avait systématiquement plaidé pour le droit du peuple ukrainien à disposer de ses terres. C’était en effet le seul argument à sa disposition pour justifier l’annexion de territoires qui n’avaient jamais fait partie de l’empire russe et que les Soviétiques avaient brièvement occupé entre 1939 et 1941.
Staline défendit le principe de l’État-nation pour en définitive mieux asservir des populations qu’il allait à nouveau réprimer en procédant à des déportations d’ampleur. De la même manière, Poutine prétend que Russes et Ukrainiens constituent un même peuple pour aliéner ce pays. »
L’Ukraine aura été doublement occupée pendant la Seconde Guerre Mondiale, par les Nazis à l’ouest et les soviétiques à l’est.
Lénine
« Du point de vue du destin historique de la Russie et de ses peuples, les principes léninistes de construction de l’État n’étaient pas seulement une erreur, c’était, comme on dit, bien pire qu’une erreur. Après l’effondrement de l’URSS en 1991, cela est devenu parfaitement clair.
En fait, comme je l’ai déjà dit, la politique bolchevique a abouti à l’émergence de l’Ukraine soviétique, qui, encore aujourd’hui, peut être appelée à juste titre « L’Ukraine de Vladimir Lénine ». Il en est l’auteur et l’architecte. »
Voici la déclaration d’indépendance de l’Ukraine de 1917-1918 : https://mjp.univ-perp.fr/constit/ua1917.htm
Lénine promeut le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
« Par ce texte, Lénine répond avant tout à Rosa Luxembourg et à son article polonais intitulée « la question nationale et l’autonomie », publié en 1908, dans lequel elle remettait en question ce droit. »
« Dans les rangs du socialisme international, le parti ouvrier russe est le seul à avoir inscrit à son programme la revendication du « droit des nations à l’autodétermination ». En dehors de la social-démocratie russe, les socialistes révolutionnaires russes l’ont inscrite à leur programme où elle va de pair avec le principe du fédéralisme étatique. Le passage en question dans la déclaration politique du parti socialiste révolutionnaire est ainsi libellé : « une application aussi large que possible du principe fédéraliste dans les rapports entre les diverses nationalités ; une reconnaissance du droit illimité à l’autodétermination ». »
Ici, elle évoque l’autodétermination dont Lénine en rédigera un livre : Le droit à l’autodétermination, publié en 1914.
Une version anglaise est disponible sur Amazon : https://www.amazon.fr/Right-Nations-Self-determination-Vladimir-Ilich/dp/1410217051
Les lois de la décommunisation
« (…) les directives strictes de Lénine sur le Donbass, qui a été littéralement encastré au sein de l’Ukraine. Et maintenant, de » reconnaissants descendants » [de cette Ukraine] démolissent les monuments à Lénine. Ils appellent cela la « décommunisation ».
Nous sommes prêts à vous montrer ce que signifie pour l’Ukraine une véritable décommunisation. »
En effet, suite à la crise ukrainienne, à l’Euromaïdan et à la guerre du Donbass, les autorités ukrainiennes prennent la décision de procéder à la décommunisation du pays, mettant symboliquement fin à la présence de tous liens avec son passé soviétique et avec la Russie.
« Dans le même temps, les autorités ukrainiennes ont commencé, et je tiens à le souligner, dès les premiers pas, à construire leur État sur la négation de tout ce qui nous unit. Ces autorités ont cherché à déformer la conscience et la mémoire historique de millions de personnes, de générations entières vivant en Ukraine. Il n’est pas surprenant que la société ukrainienne ait été confrontée à la montée d’un nationalisme extrême, qui a rapidement pris la forme d’une russophobie agressive et d’un néonazisme. D’où l’implication des nationalistes et des néonazis ukrainiens dans les bandes terroristes du Caucase du Nord et leurs revendications territoriales de plus en plus vives à l’encontre de la Russie. »
Le gouvernement Iatseniouk présente un ensemble de lois interdisant la « propagande » et les symboles communistes et nazis, adoptée par la Rada le 9 avril 2015. Il donne un délai de six mois aux autorités du pays pour se débarrasser des monuments communistes et nazis et pour renommer les rues et lieux publics d’inspiration communiste et est promulgué le 15 mai 2015.
On dénombre quatre lois :
- À propos de la condamnation des régimes totalitaires communistes et nationaux-socialistes (nazis) en Ukraine et l’interdiction de leur propagande et de leurs symboles (Loi no 317-VIII).
- À propos de l’accès aux archives des agences de répression du régime communiste totalitaire de 1917 à 1991 (Loi no 316-VIII).
- À propos de la perpétuation de la victoire sur le nazisme de la Seconde Guerre Mondiale : 1939-1945 (Loi no 315-VIII).
- À propos du statut juridique et de l’honneur à la mémoire des combattants pour l’indépendance de l’Ukraine au cours du XXe siècle (Loi no 314-VIII).
Elles sont publiées le 20 mai 2015 dans le Holos Ukrayiny, Voix de l’Ukraine, un quotidien ukrainien publié à Kiev, ce qui les fait ainsi entrer en vigueur officiellement le lendemain. L’éditeur est la Rada et sa création date du 1er janvier 1991, une année significative.
« Le cours de la dé-russification et d’assimilation forcée se poursuit. »
Définitions
« Cela semblait alors inutile – tout fonctionnait sous le régime totalitaire, et extérieurement, il semblait beau, attrayant et même ultra-démocratique. »
« La notion de totalitarisme désigne la tentative (…) de contrôler la totalité de la vie de leur population. »
« (…) le concept de totalitarisme a été utilisé comme outil idéologique au service de la Guerre froide — souvent en déformant la réalité et en faisant preuve de malhonnêteté intellectuelle (…) »
« Et pourtant, il est dommage que les bases fondamentales, formellement légales, sur lesquelles tout notre État a été construit n’aient pas été rapidement expurgées des fantaisies odieuses et utopiques inspirées par la révolution, mais absolument destructrices pour tout pays normal. Mais personne ne pensait à l’avenir, comme cela a souvent été le cas dans notre pays.
Les dirigeants du parti communiste semblaient être convaincus qu’ils avaient réussi à former un système de gouvernement solide, qu’ils avaient finalement résolu la question nationale grâce à leurs politiques. Mais la falsification, la substitution des concepts, la manipulation de la conscience publique et la tromperie ont été coûteuses. »
« L’anarchisme est une doctrine fondée sur le rejet de l’autorité et privilégiant la liberté individuelle dans les sphères politique, intime et, avec des variations notables, dans le domaine économique. »
« La mobilité, choisie mais aussi forcée, parfois célébrée, est une caractéristique essentielle de cet anarchisme très internationalisé, sur le plan démographique comme idéologique (…) »
« Ces échanges et voyages, ainsi que les circulations importantes de propagande anarchiste, contribuent à la formation de nouveaux milieux culturels et à des synthèses idéologiques et stratégiques originales marquées par un fort caractère transnational, notamment dans le domaine des pédagogies libertaires et du syndicalisme révolutionnaire. Le déploiement du militantisme à de nombreuses échelles (locale, nationale, mais aussi translocale, régionale, mondiale…) peut entrer en tension avec le caractère horizontal et internationaliste de l’anarchisme. Le souci d’éviter les pratiques et discours diffusionnistes et eurocentriques et, au contraire, la volonté de valoriser les échanges et hybridations – ambition formulée en d’autres termes par certains militants dès les dernières années du XIXe siècle – est aujourd’hui un thème central de réflexion dans l’historiographie du mouvement. »
Le Protocole de Rome de 1898 (25 novembre et 3 décembre) condamne l’anarchisme à travers un document avec en mémoire la même année, l’assassinat de l’Impératrice d’Autriche par un anarchiste italien, Luigi Lucheni à Genève le 10 septembre.
« Nazisme » est la contraction de « national-socialisme » ou Nationalsozialismus en allemand. Le nazisme est en fait une doctrine politique d’extrême droite qui prône l’inégalité raciale et l’élitisme en affirmant la supériorité de la « race aryenne » ; d’où la politique raciste et antisémite. »
« La Convention internationale du 9 décembre 1999 pour la répression du financement du terrorisme définit, dans son article 2.1 (b), un acte terroriste comme « tout acte destiné à tuer ou blesser grièvement un civil ou toute autre personne qui ne participe pas directement aux hostilités dans une situation de conflit armé, lorsque, par sa nature ou par son contexte, cet acte vise à intimider une population ou à contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir ou à s’abstenir d’accomplir un acte quelconque ».
« Le mot démocratie vient du grec « Dêmos Krátos » qui signifie « Peuple Pouvoir« . La démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir appartient au peuple sans distinction de sexe, de religion, de richesse ou d’origine sociale.
Elle repose sur le principe de la consultation régulière du peuple (le vote : élections de représentants et référendum), de la séparation des pouvoirs et de la pluralité des partis politiques.
La démocratie s’oppose à la dictature (pouvoir détenu par une personne ou un groupe restreint de personnes). »
« Et pourtant, malgré les problèmes bien connus, la Russie a toujours coopéré avec l’Ukraine de manière ouverte, honnête et, je le répète, dans le respect des intérêts de ce pays. Nos liens se sont développés dans divers domaines. »
Et pourtant, la Russie développe ses propos affirmant le nazisme ukrainien à travers un document publié sur le site de son ambassade : https://mid.ru/en/foreign_policy/historical_materials/1920326/?lang=fr
« De nouvelles figures et de nouvelles formes de la lutte pour l’indépendance du pays que les élites politiques russes ne semblent pas en mesure de comprendre. »
« Il est également important de comprendre que l’Ukraine n’a jamais eu une tradition réelle pour un véritable État.
L’Ukraine ne connait d’Etat stable. »
L’Ukraine se battra toujours pour sa liberté et son indépendance.
Sources :
https://france.mid.ru/fr/presse/intervention_du_president_russie_/
https://news.un.org/fr/story/2022/08/1126222
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Crim%C3%A9e#Empire_russe
https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9communisation_en_Ukraine#Lois_de_d%C3%A9communisation
https://www.monde-diplomatique.fr/mav/76/RUCKER/56237
https://fr.wikipedia.org/wiki/Holodomor
https://www.lhistoire.fr/comment-staline-a-affam%C3%A9-lukraine
https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1540
https://dictionnaire-droit-humanitaire.org/content/article/2/terrorisme
https://mid.ru/en/foreign_policy/historical_materials/1920326/?lang=fr
https://ukraineworld.org/fr/articles/analysis/bref-historique-du-mouvement-national-ukrainien
https://ukraineworld.org/fr/articles/analysis/bref-historique-du-mouvement-national-ukrainien
https://mid.ru/en/foreign_policy/historical_materials/1920326/?lang=fr
https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire/1540
https://dictionnaire-droit-humanitaire.org/content/article/2/terrorisme
https://www.marxists.org/francais/luxembur/works/1908/00/rlux-autonomie-1.htm
https://clio-texte.clionautes.org/lenine-droit-ukraine-disposer-elle-meme.html
https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1917/06/vil19170628.htm
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