philosophie, psychologie, société
Le film The Drama avec Robert Pattinson fut inspirant, un thriller psychologique avec des notions de criminologie et de simples notes de musique répétées à la manière des dents de la mer, intéressant.
A l’issu de son visionnage, une question : Comment une information peut tout détruire, la relation et l’entourage, bouleverser tout l’univers et faire basculer l’équilibre en place?
« Toute vérité passe par trois étapes, d’abord elle est ridiculisée, ensuite elle est violemment combattue et enfin elle est acceptée comme une évidence. » Arthur Schopenhauer
D’abord, il y a la surprise du choc, l’incompréhension de la nouvelle. La conscience est bousculée.
On pense que l’autre débloque complètement. On lui rétorque qu’il a un sérieux problème, que c’est du délire et qu’il devrait consulter. S’il boit, on lui dit qu’il est ivre, tellement saoul qu’il ne sait plus ce qu’il dit. S’il fume, on lui demande s’il ne consomme pas des stupéfiants à l’occasion. On doute de sa santé mentale, de son état psychique tant on ne parvient pas à concevoir qu’il dit la vérité.
Cet état de choc et de colère dans lequel il est plongé peut durer très longtemps.
La nouvelle est réitérée encore et de toutes les manières possibles, elle est abordée. La version demeure la même peu importe l’humeur avec laquelle elle est appréhendée.
L’entourage tente de se faire à l’idée de cette annonce qui décidément ne passe pas et ne fait pas à l’unanimité.
Tous se dressent contre cette personne qui commence à avoir de sérieux ennuis. La colère gronde, toujours plus violente. Consterné, personne ne veut admettre que c’est la vérité.
Il est plus aisé de croire que la personne ment, que la personne est folle et dit n’importe quoi et s’attaquer à elle avec agressivité et férocité comme des chiens qui grognent et mordent si on s’approche trop près.
Montrer les crocs exprime bien l’hostilité et les risques encourus à trop s’approcher et à essayer d’insister. Cette majorité qui n’accepte pas s’en prend à cette personne comme pour la punir ou comme pour se défendre sauf qu’elle n’a rien fait à part dévoiler une information qui lui semblait importante à faire connaître.
Cette rivalité peut durer des années mais les faits restent les faits. La vérité reste inchangée peu importe combien on la combat, elle demeure encore et toujours la même là comme au premier jour où on l’a aperçu et d’emblée brutalement rejetée. Repousser ne fait que retarder l’échéance. On peut continuer à se rouler par terre,, à démentir les propos énoncés, cela ne changera rien.
On peut toujours continuer à fuir en disant que c’est faux, un vulgaire mensonge et se fâcher encore, la nouvelle ne changera pas de forme, aucune virgule ne sera déplacée. On peut s’en éloigner des années, la refouler, tenter de l’oublier, elle sera toujours là, inlassablement.
Tôt ou tard, il faudra céder.
La personne qui a annoncé la nouvelle est blessée et meurtrie. Tout le monde s’est tellement attaqué à elle, on l’a tant repoussé et isolé. Quel était son tort? Parler?
Elle aurait dû garder cette nouvelle capitale pour elle, garder le silence toujours afin que les autres soient en paix et poursuivent leurs vies tranquillement pendant qu’elle souffre, malheureuse avec cette information essentielle à partager?
Ne serait-ce pas égoïste de la part des autres? Ne serait-ce pas injuste pour elle?
Avec le temps, malgré tout, elle finit par regretter ses propos. Si elle avait su que cette avalanche lui tomberait dessus, toutes ces conséquences néfastes, elle aurait peut-être renoncé et aurait ainsi rejoint tous ces gens qui conservent leur calme et leur sang-froid et ne disent rien, protègent leurs secrets, renonçant à la reconnaissance et à la justice au profit du bonheur commun.
Faut-il tout sacrifier pour la paix? Faut-il se taire? Les gens ne comprennent jamais rien.
Rares sont ceux, suffisamment sensibles et empathiques et surtout, courageux et forts pour adhérer immédiatement aux propos qui sont tenus grâce à leur incroyable ouverture d’esprit, leur tolérance, leur capacité de compréhension, leur cœur, leur intelligence.
Quelle minorité ! Quel courage pour voir tout de suite la nouvelle comme une évidence.
Qu’est-ce que l’évidence? Accepter sans douter, sans se poser de questions, tout simplement avoir confiance en l’autre qui lui-même se dévoile à nous avec tant de cran et de courage. Ne faut-il pas plutôt le féliciter pour avoir eu l’audace de mettre à jour ses pensées et ses sentiments les plus secrets et les plus intimes?
Pourquoi d’emblée le condamner en l’écoutant parler avec tant d’entrain et de conviction ? Pourquoi ne pas l’écouter avec bienveillance, gentil, lui faire confiance?
Qu’on le croit, c’est tout ce qu’il souhaite au fond, qu’on le croit, pas qu’on le repousse sans ménagement, impitoyable, le cœur de pierre, indifférent à son discours, insensible à sa détresse. L’humain est si cruel parfois sans s’en rendre vraiment compte, si méchant sans vouloir l’admettre.
Les jugements et les critiques, les moqueries et les insultes, sont si virulents et même persistants.
Il faut ouvrir son cœur et apprendre à faire confiance lorsqu’une personne s’exprime avec sincérité. Cela ne signifie pas qu’il faille être naïf et stupide, vulnérable et manipulable mais réfléchissons et ne condamnons pas tout si vite et brutalement sans savoir ni connaître encore moins comprendre.
Dans cette société où le danger et le risque sont partout, il devient difficile de faire confiance et on en vient à se méfier de tout et de tout le monde, c’est vrai. Malgré la vigilance à observer, ne soyons pas si dur et catégorique.
On peut perdre l’esprit à essayer de comprendre, se poser des questions et poser des questions à l’autre. On se met à psychoter et à s’imaginer des choses, des scénarios, des possibilités, des éventualités, la peur et l’angoisse peuvent s’installer petit petit. Préoccupé, on panique, touché par ce qu’on vient d’apprendre. On a l’amour et la volonté d’y croire mais ça nous dépasse complètement jusqu’à nous transformer. On est plus nous-mêmes, on s’interroge, ça nous transperce.
Le monde s’effondre, une nouvelle réalité apparait. On ne voit plus la personne de la même façon. Une perspective toute nouvelle se présente à nous et il faut savoir l’appréhender. Comment y faire face? L’inconnu effraie, l’ignorance aussi.
Elle persiste, il faut la croire. Elle réitère, il faut lui faire confiance. Pourquoi elle mentirait? Quel intérêt?
Pourquoi ne l’a t-elle pas dit plus tôt à supposer qu’on la croit ? Nous l’aurait-elle caché si cet évènement, cette situation ne l’avait pas poussé à parler? Comment lui faire confiance à présent?
Qui est-elle? Est-elle vraiment ce qu’elle prétend être? On la connait depuis un long moment et voilà qu’on doute, qu’on s’interroge. Nos certitudes sont bousculées. Qui avons-nous en face de nous?
Pourtant, on se met à l’interroger. On veut tout savoir. Pourtant, on s’en écarte, elle est sûrement folle et dangereuse. Mais qui est-elle? On ne sait plus rien. On a besoin de temps, on a besoin de réfléchir.
Un beau jour, un déclic, une prise de conscience. On comprend qu’elle dit vrai et désormais on la croit. Ou bien, on demeure éternellement à distance sans la croire et à perpétuellement la rejeter et la repousser lorsqu’elle tente de s’exprimer, de réexpliquer, de s’affirmer de nouveau, en vain. Deux cas de figure, deux possibilités.


Laisser un commentaire