philosophie, psychologie, société
Au XIXe siècle en Autriche
« Mais comme notre siècle, lui, était tolérant, ne croyait plus depuis longtemps au diable et à peine plus à Dieu, il n’avait plus le courage de jeter un anathème aussi radical, tout en ayant le sentiment que la sexualité était un facteur d’anarchie et donc de perturbation, qu’il n’était pas possible d’intégrer dans son éthique et qu’on ne devait pas laisser s’étaler au grand jour, car toute forme d’amour libre, extraconjugal contrevient à la « bienséance » bourgeoise. Pour résoudre ce conflit intérieur, l’époque inventa donc un curieux compromis. Elle limita sa morale, certes sans interdire aux adolescents de pratiquer leur vita sexualis, mais en leur imposant de traiter cette affaire embarrassante comme ils l’entendaient pourvu que cela passât inaperçu. La sexualité ne pouvant être, décidément, bannie du monde, qu’au moins elle ne fût pas visible dans leur monde moral. On passa donc un accord tacite pour n’aborder aucun aspect de cette affaire complexe, ni à l’école, ni en famille, ni en public, et pour étouffer tout ce qui pourrait rappeler son existence. » Stefan Zweig, Le monde d’hier.
On a dissimulé la sexualité comme une chose honteuse. la tenue vestimentaire était comme un rempart à l’indécence mais le naturel revient toujours d’une façon ou d’une autre.
On ne peut empêcher les désirs, les besoins naturels de l’esprit et du corps. On ne peut freiner les hormones en ébullition lors de la puberté et même d’une grossesse.
Un sentiment amoureux s’accompagne d’un désir charnel. l’envie de donner et recevoir de l’affection par le biais d’un baiser, par exemple, le désir de l’autre par la sexualité. Plus on refoule et plus on rougit, gêné et embarrassé, la chaleur s’intensifie, le cœur bat, l’autre nous fait de l’effet, c’est évident alors comment résister ?
Aucun mœurs, aucune norme sociale ni même la présence d’un chaperon qui veille ne peut empêcher deux êtres de s’aimer et l’amour n’est pas une honte mais une bénédiction.
Dans l’ignorance de leur corps, une femme ne comprend pas les saignements qu’elle observe et auxquels on lui rétorque que c’est une souillure, qu’on ne parle pas de ces choses là mais qu’elle est une femme alors elle doit y faire face. Pourtant, la raison est toute naturelle : ce sont ses menstruations et bientôt l’ovulation à son tour surviendra. Cela revient de manière cyclique tous les mois et cela signifie qu’elle est en âge d’avoir des enfants et que son corps se prépare tous les mois à cette heureuse éventualité.
Elle n’est pas hystérique. Ce sont des tensions et pulsions sexuelles, un désir et un besoin non assouvis. En l’absence de sexualité normale et épanouie, le corps lui fait savoir ce manque. La nature est bien faite.
La femme aussi a des désirs sexuels. L’homme n’a pas cette exclusivité. D’ailleurs, elle est multiorgasmique ce qui signifie qu’elle pourrait encore continuer et qu’elle peut ressentir une multitude de sensations et de plaisirs tandis que l’orgasme de l’homme met un terme au rapport sexuel. L’homme n’a pas tous les privilèges.
La tenue vestimentaire la freinait aussi dans ses mouvements l’empêchant ainsi de travailler, de pratiquer une activité sportive ou encore de prendre ses jambes à son cou.
Considérée comme mineure aux yeux de la société, de part son impossibilité d’avoir une vie professionnelle, un compte bancaire à son nom et de voter, ses possibilités dans la vie étaient en tous points restreintes.
L’homme avait-il peur d’une rivalité?
Les deux guerres mondiales ont démontré l’utilité des femmes en l’absence des hommes et cela a amorcé leur liberté, leur autonomie et leur indépendance.
Pourtant, des figures féminines fortes étaient au pouvoir, des personnages aimés : citons la reine Victoria et l’impératrice Elisabeth, deux femmes qui ont profondément marqué leur temps et suscité une vive admiration de leurs contemporains.
Alors pourquoi les femmes lambda ne pouvaient pas disposer du pouvoir? Bien qu’évidemment, malgré leur notoriété, leur époux gouvernait.
De nos jours au Japon
Au Japon, la femme est encore une figure faible de la société.
Elle gagne un salaire de misère, ne peut travailler qu’à mi-temps pour payer moins d’impôts et se dégager du temps pour s’occuper des tâches ménagères et des enfants puisque tout lui incombe sous la surveillance de sa belle famille.
Certaines refusent le mariage et les enfants pour conserver leur liberté et mener la vie qu’elles souhaitent.
La sexualité est inexistante. « Le Japon est le pays où l’on fait le moins l’amour
Mais le vieillissement établi de la population entraînant sa chute rapide a une raison terriblement simple : les Japonais ne font plus l’amour. Du moins pas beaucoup. » https://www.20minutes.fr/monde/japon/4128774-20241213-si-japonais-continuent-plus-faire-amour-disparu-100-ans
Il n’y a qu’à voir les vêtements enfantins en vitrine, le col rond, l’absence de décolleté et les literies , que des lits simples en majorité ce qui laisse supposer que les couples font chambre à part.
La population est vieillissante et n’assure plus son renouvellement. Des taxis violent des clientes, la nature se réveille. « Un ancien chauffeur de taxi a été arrêté à Tokyo, pour une agression sexuelle sur une passagère sous soumission chimique. Les médias parlent de 50 victimes potentielles. » https://www.20min.ch/fr/story/japon-un-chauffeur-de-taxi-accuse-d-avoir-viole-50-femmes-103349761
Selon les statistiques, la perte de la virginité se fait souvent lors de la trentaine. Refouler la sexualité n’amène à rien de bon.
« Le ministère de l’Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie (MEXT) a publié lundi un projet de révision des directives d’application de la loi visant à prévenir les abus sexuels commis par des enseignants à l’encontre d’élèves, qui prévoit notamment un renforcement des mesures contre le voyeurisme. (…) L’an dernier, la police a révélé un cas dans lequel sept enseignants avaient partagé, dans un groupe de discussion sur les réseaux sociaux, des vidéos filmées en secret d’élèves de sexe féminin. »https://www.nippon.com/fr/news/yjj2026031600715/
D’ailleurs, dans cette ignorance totale, des femmes au mariage sont terrorisées par leur nuit de noce percevant cette découverte comme une agression qui les bouleverse.
Dans ces relations amoureuses platoniques, dans cette absence de besoins physiques, des jeunes filles parlent de l’amour comme un conte de fée amoureuses du prince charmant. La réalité est autre. La vie de couple n’est pas cette vision utopique. « Il n’est ainsi pas rare de voir des couples n’avoir qu’une ou 2 relations sexuelles par an, voire moins. « https://nihonkara.fr/japonais-lamour-sexe/
Lisez aussi ce témoignage : https://www.toriaezu-japan.com/2020/06/18/les-japonaises/
L’amour et la passion existent mais les péripéties et rebondissements sont nombreux.
Braver l’interdit
Les interdits sont faits pour être contournés comme la loi. Plus on défend une chose et plus elle est convoitée. Elle devient un objet de curiosité, on veut découvrir le secret, c’est plus fort que nous, il faut savoir en gardant à l’esprit que percé à jour, un choc est possible, on peut tomber de haut. Ce n’est peut-être pas ce qu’on croyait, soit moins bien et on est déçu, soit mieux et on est stupéfait. On s’image toujours beaucoup de choses, l’esprit s’égare.
Ne vaut-il pas mieux exposer la réalité et dévoiler la vérité d’emblée avant de se laisser embarquer par des idées fausses et saugrenues, avant de se monter la tête et d’être effrayé peut-être bêtement ? Tant de mystères ne sont pas toujours nécessaires.
Stefan Zweig conclut dans ce chapitre : » Mais tout cela me parait secondaire quand on considère la délivrance opérée par cette seule et unique transformation qui a permis à la jeunesse d’aujourd’hui de s’affranchir de la crainte et de l’abattement, de jouir pleinement d’une chose qui nous a été refusée pendant toutes ces années : une sensation d’assurance et de spontanéité. »
Un idéal déchu
Avant le rêve de tout un chacun était d’avoir une carrière professionnelle et d’acquérir un logis digne de recevoir l’amour et la famille construite de cette heureuse relation.
Le fils reprenait l’entreprise du père, son avenir était tout tracé et sa situation économique assurée. La fille recevait une dot pour son futur mariage et une éducation digne de son rang. Les enfants devaient faire la fierté de la famille. C’est ce qu’on appelait être de bonne famille. Garantir l’honneur et la sérénité des générations à venir, avancer avec optimisme et assurance. Il ne fallait pas décevoir ses proches ce qui exerçait une certaine pression sociale qui poussait à se surpasser, les filles par leur esprit et leur belle toilette et les garçons par leur réussite.
De nos jours, cet idéal a sombré. Vouloir des enfants et le dire ouvertement fait en général fuir les hommes alors les femmes doivent s’abstenir d’aborder le sujet qui est très mal vu. Les hommes comme les femmes doivent réussir professionnellement et obtenir leur indépendance par un salaire et un chez-soi. Rester chez sa famille, à partir d’un certain âge, est honteux et dégradant, signe d’échec et d’impuissance face aux épreuves de la vie. Les enfants sont de moins en moins désirés et de moins en moins nombreux et faits de plus en plus tard, au dernier moment.
Certains, de plus en plus, y renoncent carrément jugeant que dans le monde actuel, vu ce qu’il devient, c’est préférable de ne pas fonder de famille. La sexualité n’est plus une démonstration d’affection et donc d’amour mais peut être une forme de jeu, un simple besoin. la sexualité peut être de passage, vite oubliée. Une femme peut tomber enceinte et avaler une pilule du lendemain comme une aspirine contre la gueule de bois pour se débarrasser de son enfant à naître.
Ainsi, la confiance en l’amour a disparu. Une femme n’ose plus parler d’avenir si ce n’est au péril de leur relation, elle peut aussi prendre part à ses aventures d’un soir. L’homme ne songe plus à l’avenir et préfère l’insouciance d’une relation sans conséquences, le plaisir d’une rencontre pour se divertir et se détendre. Les sentiments profonds sont rares à trouver, une relation sensée et sérieuse semble utopique, rencontrer un homme qui désire des enfants et accepte d’en parler est encore plus utopique.
Cette libération des mœurs et cette liberté des conventions sociales ont entraîné dans leur chute l’amour véritable et le bonheur d’un enfant, fruit de l’amour, né d’une passion durable. Cette jolie vision apparait presqu’obsolète et désuète tant elle ne fait plus partie des mentalités actuelles. Dire qu’à la trentaine, il se fait tard et qu’il ne reste plus beaucoup de temps pour concevoir des enfants semble ridicule et insensé. Refuser la contraception semble inimaginable pour certains.
Un enfant apparait comme une condamnation, un cadeau empoisonné. Qui veut des enfants de nos jours? Le sujet est devenu tabou, à éviter. De même, il faut éviter d’exposer ses sentiments trop tôt au risque d’essuyer un rejet, de là encore faire fuir l’autre qui serait effrayé par de telles déclarations prématurées. Il ne faut rien dire et profiter du moment présent. Il faut se taire au risque de tout gâcher.
Dans cette nouvelle crainte, comment espérer une relation amoureuse, qui plus est bâtie sur des bases saines ? Comment faire preuve de sincérité et d’honnêteté dans ce silence imposé?


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