philosophie, psychologie, société
« Apprends à accepter d’être la méchante de l’histoire de quelqu’un d’autre, même si ce n’est pas ce qu’il s’est passé. N’oublie jamais que les gens te transformeront en ce qu’ils ont besoin que tu sois, afin que leur récit interne puisse avoir un sens pour eux. » Anonyme
Définissons quelques vérités à généraliser : Les victimes sont toujours seules, la majorité l’emporte, la loi du plus fort domine, rares sont ceux qui croient la victime et qui encore plus, se rangent à ses côtés. La plupart des gens sont trop faibles et lâches pour prendre parti alors ils choisissent la facilité. Le coupable est toujours bien entouré et a souvent une longueur d’avance. La victime est toujours isolée et vulnérable aux proies aux attaques de son entourage et du public. Son récit est souvent violemment rejeté.
« Montre moi que tu possèdes, dis moi que tu sais », disait Shakespeare. La discrétion diminue les ennemis, éloigne les flatteurs et freine les jaloux. Le silence, c’est la paix. » Barbara Silva
Nombreuses sont les victimes qui choisissent de se taire préférant le silence aux jugements et critiques. Lorsqu’on ne croit pas une personne, on est prêt à tout, dans le déni et le manque de courage, pour lui nuire jusqu’à la faire passer pour folle tant son récit semble être un délire et un grand n’importe quoi, impossible et insensé. Cela paraît trop invraisemblable et incroyable pour être cru par qui que ce soit.
« Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage. » Montaigne
Comment reconnaître une victime ? Observez autour de vous, si vous apercevez une personne introvertie, dans la retenue, silencieuse, discrète, avec un regard qui en dit long, le visage marqué mais un sourire poli, sensible, sage et gentille, méfiante aussi, un peu distante mais proche à la fois, touchante mais lucide, une intrigante dualité, c’est que peut-être cette personne cache en elle une blessure insoupçonnée, une histoire qu’elle n’ose pas partager de crainte des réactions et des conséquences.
« Quand quelqu’un s’éloigne de sa famille, ce n’est pas pour faire du mal. C’est souvent pour arrêter d’être blessé. » Anonyme
Une personne qui avait coutume d’être là et qui un jour disparaît et manque à tout le monde, pourquoi une telle décision? Cet individu s’est certainement exprimé en vain cherchant à se faire comprendre, essayant de dénoncer, de faire prendre conscience de choses qui le touchent personnellement, sans succès… Suite à des tentatives infructueuses pour ne plus souffrir, la distance est apparue comme la seule solution. Si les autres pensent à lui et souhaitent le revoir, ne faut-il pas qu’ils s’interrogent sur les raisons de son départ ? Ce n’est pas un manque d’amour et de sentiments, ce n’est pas voulu mais contraint et non sans tristesse. Le manque peut être réciproque. Prendre une telle décision est une longue réflexion.
Au lieu de comprendre, beaucoup reprocheront son départ et son absence. Tristes et en colère, ils se résigneront sans chercher à savoir ce qui l’a mené à cette décision. Quand une situation est trop dure à affronter et insoluble qui plus est, il est impossible de lutter et partir pour se reconstruire est la seule issue possible. Avant d’en arriver là, la victime subit des années, fragile, affaiblie, anéantie, épuisée, à bout de force sans que personne ne s’en rende compte.
« Les gens te reprocheront souvent la réaction qu’ils ont eux-mêmes provoquée. Ils te pousseront à bout, puis te feront passer pour le problème. Ne culpabilise pas d’avoir fini par craquer. » Anonyme
La peur empêche d’avancer et freine dans son élan. Des années sont nécessaires pour comprendre ce qu’il se passe, pour décrypter les évènements, pour analyser les propos et les comportements. Aveuglé par les sentiments que l’on porte à ceux qui nous font souffrir, on peine à s’affirmer et à se défendre, on leur cherche des excuses et des justifications. Peu importe qui est responsable, nul n’a le droit de nuire à un individu. Nul n’est en droit de porter atteinte à son prochain.
« Ne tolère pas le manque de respect par peur de perdre quelqu’un. » Anonyme
Au fond, c’est aussi l’inquiétude et la crainte qui nous préoccupent. Si je parle, que va t-il se passer? Si je lui dis, comment cette personne va t-elle réagir? Que va t-elle répondre? Quelles conséquences? La peur domine les victimes. Le coupable ainsi dénoncé cherchera t-il à se venger? Les coupables sont souvent plus puissants que les victimes voire même presqu’intouchables. Afin de se préserver de tout problème supplémentaire, les victimes décident de se taire et de faire profil bas, de se faire oublier de tous. Parfois aussi, les victimes ont honte de ce qu’il s’est passé et sont gênées d’en parler, elles n’osent pas par peur des réactions et des réponses qu’on leur donnera. Les victimes sont contraintes de rester dans l’ombre.
« Toute vérité passe par trois étapes, d’abord elle est ridiculisée, ensuite elle est violemment combattue et enfin elle est acceptée comme une évidence. » Arthur Schopenhauer.
La vérité est souvent dure à entendre et une nouvelle peut être difficile à appréhender. Il faut du temps pour se faire à l’idée, y réfléchir et comprendre. D’abord, il y a le choc, la colère, la tristesse, la consternation, la sidération, une nouvelle peut provoquer de vives émotions.
» – Je suis trop sensible.
-Non… Tu es la preuve qu’on peut traverser l’enfer sans devenir le diable. » Valentin Auwercx
Un point essentiel : Les victimes ont besoin d’être crues. Une fois qu’elles le sont, elles peuvent enfin se sentir soulagées et avancer. C’est une première étape. Plus de gens se rallient à sa cause et plus elle se sentira en confiance et plus forte puisqu’enfin bien entourée, sortie de sa solitude et de son isolement. Une fois qu’elle aura le courage de le dire une fois, elle sera capable de le dire plusieurs fois à quiconque est prêt à l’entendre et la croire. C’est une libération.
Une autre difficulté vient à leur encontre : il y a des gens qui accusent à tord et les vraies victimes peuvent être mises dans le même panier. Comment faire la différence entre une supposée victime qui ment ayant un objectif précis en tête et une véritable victime qui cherche à faire entendre sa voix en vain? Et si, ces personnes que l’on croyait mentir disaient en fait la vérité mais qu’on les faisait passer pour des manipulatrices? L’information est souvent remaniée et transformée à l’avantage d’un individu qui orchestre un coup monté pour se débarrasser de la dite victime. Le coupable cherchera toujours à démentir les propos de la victime qui témoigne pour se décharger de toute responsabilité et être innocenté pour retrouver sa tranquillité quitte à faire accuser un individu hors de cause qui lui sert alors de bouc émissaire. Certains sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Ces manigances sont monnaie courante. Cela peut aussi s’agir d’un moyen de brouiller les pistes.
Quoiqu’il en soit, les victimes demandent juste une présence honnête et bienveillante, bien intentionnée, sincère et prévenante. Elles ne méritent pas ce qu’il lui est arrivée et a juste besoin d’aide et de soutien pour s’en sortir. On a tendance à écarter le plus faible du troupeau le considérant comme un ralentissement dans la course de la vie mais il ne faut pas sous-estimer sa valeur.
« Le véritable échec n’est jamais d’avoir aimé mais de ne plus être capable de le faire. » John Joos


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