Poursuite informationnelle

This entry is partie 9 de 17 in the series littérature, langues

littérature, langues

L’argot

Les langues nous rapprochent !

Le français, l’anglais et l’allemand

八子の物語

Heinrich Heine

Anna Blandiana

An extraordinary adventure

La vérité officielle et la vérité officieuse

Poursuite informationnelle

IA conquérante et perte d’intelligence

Annonce malinformée, vérité annoncée

Force invisible et faiblesse visible

Naïveté à profiter

Jugement social

Secret d’outre-tombe

Dialogues

Encore des dialogues

Une information capitale était en jeu : connaître la destination d’un ami toujours en voyage.

Constamment en mouvement ici et là, il était difficile de savoir où il jetterait son dévolu cette fois-ci. Les spéculations étaient nombreuses, les hypothèses aussi.

À chaque bref retour, il en faisait un jeu, une devinette dont il fallait trouver la solution, à la manière d’une énigme, le niveau de difficulté augmentait sans cesse.

En plus, il s’amusait à apparaître et disparaître où bon lui semblait. Un coup, j’apercevais au coin de la rue sa silhouette. L’instant d’après, il n’y était plus, un virage m’avait sûrement fait perdre sa trace. Il changeait de tenue, un chapeau pour cacher ses cheveux, son regard, mais je devinais un sourire à demi dans l’ombre.

Sa devinette était la suivante :

Mon premier est une conjonction de coordination,
Mon second est une friandise chocolatée appréciée,
Mon troisième est une agglomération rurale,
Et mon tout comporte un bar où l’écrivaine d’Harry Potter a rédigé son ouvrage.

Ah ! Voilà qu’il me faisait réfléchir ! Après un temps de réflexion, j’en arrive à la réponse : Edimbourg.

Il acquiesce, ravi de cette trouvaille qu’il confirme.

Son prochain périple sera donc à Edimbourg et ses environs. L’Ecosse sera sa découverte suivante.

Il me promet de ne pas succomber à la tentation de porter la fameuse jupe, le kilt, mais en revanche, la bière, il y cédera volontiers.

Arrivé sur place, il me fit parvenir une mystérieuse carte :

Les yeux dissimulés sous un masque, je marche dans l’ombre recherchant le doux bruit des pas, le regard attiré par des silhouettes mouvantes au rythme des violons qui dansent dans les mains des musiciens, accompagnés de chanteuses au timbre de cristal, à la voix de rossignol. Les femmes vêtues de sublimes robes éblouissent les hommes élégamment habillés, veste noire épousant la forme de leurs épaules, bien bâtis sur leurs jambes, le regard sûr, tendant la main vers une ravissante demoiselle qu’ils espèrent conquérir. Se donnant jusqu’au bout de la nuit pour y parvenir, la musique bat son plein. Les visages à demi cachés, les tenues resplendissent à la lueur de la lune se reflétant sur la rive, les barques au bord, architecture de bois sculpté. Qu’est-ce qui ne brille pas dans ce décor enchanteur ?

Ah bonne question ! Qu’est-ce qui ne brille pas dans une telle atmosphère, dans un tel environnement, quelle est donc la lumière manquante?

Quel élément brille ainsi dans la nuit? La lune, les étoiles dans le ciel, les bougies sur les tables, les feux d’artifice lancés, surprenant les invités…

Qu’est-ce qui demeure alors dans l’ombre refusant de se montrer, de faire un pas dans la lumière?

Un individu qui se cache, trop timide pour apparaître ?
Un secret qui gâcherait le spectacle ?

Qu’est ce que tout le monde regarde et qu’est-ce que personne ne voit ?

Ah j’y suis ! C’est toi, ton absence fait tâche dans ce paysage si joyeux. Ta question sert à faire deviner ta prochaine destination ?

Un pays où on est masqué et vêtu magnifiquement à l’occasion, où la musique domine pour le plaisir des convives, un pays où le plaisir et la fête peuvent durer jusqu’au petit matin… Bal masqué… Musique… Danse… Violon…Vivaldi, l’Italie. La rive, les barques, Venise, la ville au bord de l’eau.

Tu vas à Venise pour ta prochaine aventure.

Déguisé, comment te suivre ? Comment savoir qu’au loin, c’est toi ?
Tu joueras sûrement avec ton apparence. Furtif, je te verrai marchant près de l’eau avant de t’installer dans une barque à disposition et te voir voguer jusqu’à ton hôtel, une adresse inconnue.

De là, tu m’enverras un nouveau billet à déchiffrer.

Comme cela t’amuse!

Et le voici :

Emporté par les flots, le courant me conduit vers un endroit familier. Loin d’être le plus connu, c’est le plus aimé. Loin d’être le plus évident, c’est un lieu essentiel. La nostalgie y règne, certains souvenirs dominent. Retrouve-moi là-bas, on fêtera mon retour.

Oui, tu rentres à la maison. Pas n’importe laquelle, la maison de famille. Pas celle qu’on pense, une autre, la maison de nos grands-parents. Tu ne donnes pas de jour ni d’heure. Faut-il t’y attendre un certain temps et passé un délai raisonnable espérer te voir sonner à la porte l’air de rien comme à ton habitude ?

Pourquoi ces mystères ? Pour me tenir en haleine ? Tu as peur que je t’oublie alors tu rends chacune de nos entrevues mémorables?

Au petit matin, tu étais déjà parti, encore. Tu me manques. Pourquoi toujours ces départs soudains, ces retours si brefs?
On dirait un courant d’air, impossible de te retenir, de t’attraper, tu me files entre les doigts.

De temps en temps, un message affectueux, sans énigme à résoudre.

Merci pour ces moments agréables passés ensemble, à renouveler bientôt. Tiens-toi prête.

Tous ses vas et viens, se posera-t-il un jour ? Il semble si infatigable!

J’espère qu’il écrira des carnets de voyages, lui qui a sûrement tant vu dans sa vie.

Un après-midi, en vérifiant le courrier, une simple feuille volante s’y trouvait là. Surprenante découverte, déconcertante.

Je ne courrai plus, désormais, je marcherai. Ainsi, tu parviendras peut-être à me suivre plus facilement mais évite de systématiquement me pister. Je ne suis pas invisible alors ouvre l’œil, observe, écoute. Je sais que tu es intelligente.

Toujours parti, toujours en voyage, toujours en déplacement. Quand vais-je enfin le revoir? Cela me ferait chaud au cœur de le retrouver. Les jours et les semaines passent.

Dans ce mot, il n’y avait pas d’indications de lieu. Il n’a l’air d’y avoir aucun indice.

À moins que… Il n’a pas quitté la ville et me fait une blague pour changer des devinettes ?
Il est là devant moi et stupide, je ne le vois pas. À force de chercher, je ne vois plus rien.

Ça se trouve, il m’observe de là où il est et jubile. Il doit bien rigoler dans sa cachette.

Mais pourquoi se cacherait-il?

Je me mets à trop réfléchir, il m’y a habitué.

Glissé sous ma porte, un autre mot.

Je suis là, bon sang !

En scrutant l’horizon, je ne voyais pourtant rien.

Est-il juste en face?

En effet, ces jours-ci, un nouveau voisin s’était installé. Plutôt discret, je n’avais pas fait attention à lui trop occupé à chercher mon ami encore en vadrouille.

L’attention détournée, maintenant que j’y pense, la solution est peut-être là.

Je décide de glisser à mon tour un mot sous la porte du voisin d’en face pour vérifier mon hypothèse.

En effet, la confirmation ne se fit pas attendre longtemps !

Ah tu as enfin compris ! Comme ça, tu n’auras plus à me chercher : je serai sous tes yeux !

Qu’est-ce qu’il mijote encore? S’il croit que par ce stratagème, il réussira à me duper !

Sitôt dit, sitôt envolé! Il avait encore disparu je ne sais où!

Je ne l’entends pas, je ne le vois pas, je ne sais rien et pourtant, il arrive à ses fins. Comment fait-il cela ?

Il doit peut-être partir pendant mon sommeil, un moment d’égarement, un moment où je suis occupée, absente moi aussi, il doit profiter des failles de surveillance.

Quelle vie trépidante il doit avoir !

Et moi, quelle vie ennuyeuse faite d’attente, de patience et de persévérance à le traquer sans relâche! Il cherche simplement à échapper à ma vigilance pour retrouver sa liberté.

À force de vouloir des nouvelles, on finit par étouffer ceux qu’on aime. Inquiet en leur absence, on se fait du souci pendant qu’il lâche prise et prend du bon temps dans des destinations qui l’attirent et lui plaisent.

Il y a ceux qui restent et ceux qui partent, les absents et les présents, les mobiles et les immobiles, les aventuriers et les peureux.

Et si on arrêtait ce cache-cache permanent? Une dernière devinette ?

Mon premier est un verbe,
Mon second est un mot auquel tu rêves constamment,
Mon tout est le nom d’une capitale impériale.

J’aimerais tant qu’il revienne me disais-je toujours, j’aimerais qu’il vienne, qu’il soit là, près de moi. Que tu viennes… Tu veux que je vienne. Vienne. La capitale autrichienne, un ancien empire. Oui, j’y serai.

Et ensuite ?

Je vais t’apprendre la paix. Je vais te montrer le bonheur. Et n’as-tu pas remarqué quelque chose tout ce temps ? Je suis là, toujours présent, tu occupes mes pensées à chacun de mes pas, à chaque instant, pendant que tu te plains de mon absence…

C’est juste, tu es là. C’est vrai, tu es là. Je sens ta présence mais je ne te vois pas.

Alors écoute ton coeur, comme il bat en pensant à moi.

À distance, tu veilles, en effet.

Encore des mots, des billets, des notes, des cartes, des feuilles volantes, de brèves apparitions…

Je pourrais ne pas être là du tout.

Que fais-tu au juste ? Ce ne sont pas de simples voyages, de simples déplacements. Tout ceci doit avoir une signification.

Effectivement et le mystère restera entier. Je te laisse faire appel à ton imagination.

Cherche t-il à me tenir occupé comme pour faire diversion, le temps d’accomplir une tâche? Qui est ce fantôme qui me fait ainsi tourner la tête ?

Dans la vie, on veut toujours plus. On cherche toujours à obtenir ce qu’on a pas. On rêve toujours de l’impossible, se battant pour l’obtenir, motivé par les niveaux de difficulté, forgé par les épreuves, avec la pression du temps qui passe si vite.

***




littérature, langues

La vérité officielle et la vérité officieuse IA conquérante et perte d’intelligence

3 réponses à « Poursuite informationnelle »

  1. N’ayant pas une bonne connaissance des bonbons français, j’ai recherché « bonbon dim ». Ça m’a donné une gamme de soutien-gorges en premier, et seulement après ça, les barres Daim.

    1. Les daims sont des chocolats oui, croquants à l’intérieur.
      Dim, oui c’est une marque de lingerie comme Etam

    2. Et daim bourg : Edimbourg

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine

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