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littérature, langues

L’argot

Les langues nous rapprochent !

Le français, l’anglais et l’allemand

八子の物語

Heinrich Heine

Anna Blandiana

An extraordinary adventure

La vérité officielle et la vérité officieuse

Poursuite informationnelle

IA conquérante et perte d’intelligence

Annonce malinformée, vérité annoncée

Force invisible et faiblesse visible

Naïveté à profiter

Jugement social

Secret d’outre-tombe

Dialogues

Encore des dialogues

Noch ein Dialog

Un individu était puissant, vaillant, fort, grand, d’une prestance majestueuse, beau à la carrure imposante mais il lui manquait la voix.

L’homme si fier était muet. Sa tête était pourtant remplie de réflexions, il était doté d’une brillante intelligence.

Toujours dans l’anticipation et la stratégie, il était clairvoyant et visionnaire.

Il ne parlait pas mais il écrivait, écrivait sans relâche.

Son regard était décidé et déterminé. Fort d’une volonté et d’une persévérance à toute épreuve, il impressionnait par ses victoires et ses succès mais voilà, il était muet.

Observateur et à l’écoute, il prenait bonne note des événements et n’omettait aucun détail. Précis, rigoureux, il ne laissait rien au hasard. Sage, il pensait tout intelligemment avec une justesse qui forçait le respect et l’admiration. Instinctif et intuitif, il visait la plupart du temps juste.

Sa marge d’erreur lui servait à s’améliorer et à progresser. Il apprenait avec le temps et l’expérience. Son génie était rayonnant.

Son rival et adversaire, partenaire et allié était son opposé.

Alors qu’il avait écrit bon nombre d’essais, de manifestes, de traités, d’écrits en tout genre pour illustrer sa pensée et partager ses idées, son interlocuteur était bête.

Inculte et analphabète, c’était à se demander comment il était arrivé au sommet.

À force de blablas incessants, à force de bruits persistants, il avait attiré du monde et avait trouvé son auditoire, un public qu’il était parvenu à fidéliser au fil du temps.

C’est incroyable toutes les âneries qu’il peut débiter mais cela amuse la galerie.

Les bêtises sont divertissantes et amusantes. Cela détend l’atmosphère et apporte de la légèreté. C’est sûrement là, l’aspect qui plaît.

Voilà aussi l’intérêt qu’y trouve le muet.

Ces écrits trouvent preneurs et instruisent les lecteurs. Mais il aimerait aussi lancer des débats et des discussions. Dépourvu de la parole, il est incapable d’échanger verbalement avec ses fidèles.

C’est ce qui explique qu’un jour, il prit la décision de se tourner vers ce simple d’esprit et de lui demander son soutien et son aide dans cette entreprise.

En découvrant ses écrits, ce dernier n’y comprit bien entendu rien.

Le muet dut rédiger des notes explicatives fortement simplifiées pour rendre accessible ses précieux écrits.

Là, enfin, l’idiot comprit, du moins une partie.

Comment transmettre son savoir à quelqu’un d’aussi incapable? Il faudra des heures et des jours de patience.

Encore une fois, comment un tel boulet a pu toucher un public aussi nombreux ?

Cela pose question sur le niveau intellectuel du public. S’il est aussi bête et inculte que lui alors cela explique tout. La question se pose de savoir si le public comprendra les idées du muet.

Les doutes se multiplient. Cette incertitude le préoccupe.

Plus il y réfléchit et plus il se demande s’il ne devrait pas abandonner le projet et continuer à seulement publier dans des maisons d’édition. Tant pis pour la voix.

S’il doit simplifier un maximum son œuvre alors elle perdra de son sens.

Il ne veut pas modifier ou omettre des propos et des idées qu’il a mis tant de passion et de conviction à écrire.

Il est muet mais il a sa plume. Il s’en contentera. En fin de compte, les choses sont biens ainsi. Pourquoi changer pour les autres ? Il est préférable de rester soi-même.

***

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine

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