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littérature, langues

L’argot

Les langues nous rapprochent !

Le français, l’anglais et l’allemand

八子の物語

Heinrich Heine

Anna Blandiana

An extraordinary adventure

La vérité officielle et la vérité officieuse

Poursuite informationnelle

IA conquérante et perte d’intelligence

Annonce malinformée, vérité annoncée

Force invisible et faiblesse visible

Naïveté à profiter

Jugement social

Secret d’outre-tombe

Un homme seul disposait d’une fortune familiale conséquente et vivait confortablement, reculé sur ses terres.

Une femme avait ouïe dire de cet argent qui dormait là. Vivante et intrépide, d’une grande intelligence et opportuniste, avait élaboré un plan pour l’approcher.

Dans la région, l’homme était réputé pour la fierté qu’il vouait à son père, un individu respectable qui avait connu en son temps un immense succès pour une idée révolutionnaire.

Hélas, son modèle était brusquement décédé quelques semaines plus tôt et il peinait à se remettre de cette disparition tragique.

Reclu, son besoin de solitude était compréhensible. C’était un homme brisé par ce deuil impossible.

La femme avait perdu ses parents alors qu’elle n’était qu’une toute petite fille. Endurcie avec le temps, la vie était une course effrénée, une fuite en avant. Sa volonté était d’avancer encore et toujours quoiqu’il arrive.

Sans famille, elle n’avait pas le choix. Si elle mourrait, qui s’en souciera? Chaque jour, cela ne pouvait pas être pire, elle n’avait de toute façon rien. Tout était à y gagner c’est pourquoi elle donnait son maximum au quotidien, dans l’espoir d’un résultat favorable à ses problématiques.

L’homme avait encore sa mère. Elle était tout ce qui lui restait et réciproquement.

En ce moment, cette dernière était en déplacement à l’étranger, quelque part en Europe et serait de retour dans quelques jours.

L’idée révolutionnaire qui avait fait leur fortune personnelle, cette fille voulait le découvrir. L’information était restée secrète depuis toujours.

Si cela se savait, ce serait déstabilisant et les conséquences pourraient être néfastes, si ce n’est destructrices.

Le fils était fragile à cause du décès de son père. Présentement, cela constituait une faille à exploiter, pensait la fille.

Une chance se présentait de connaître ce grand secret. Si elle mettait un pied dans cette affaire, cela pourrait l’inspirer, elle pourrait même y trouver un succès financier à son tour en reproduisant le même parcours.

La propriété, un peu excentrée, était protégée par des caméras de surveillance et d’une pièce aménagée de la maison, disait-on, il était possible de veiller à la sécurité en observant les mouvements extérieurs et même internes.

Cette fille n’était pas une criminelle. Son casier judiciaire était vierge si jamais on lui demandait.

Tout ce qu’elle voulait était de connaître cette idée lumineuse à l’origine de leur succès. Pourquoi se sentait-elle culpabiliser tout à coup? Elle ne faisait rien de mal.

Une entrevue avec les propriétaires des lieux, c’était là son unique souhait. Une conversation, une discussion, un échange.

Le fils pleurait sans cesse. Lorsqu’il séchait ses larmes, il scrutait l’horizon, regardant par la fenêtre le paysage, le regard perdu dans le vide, visiblement anéanti par cette tragédie qui le frappait.

La fille le regardait d’en bas au loin, elle l’apercevait. Comme il était triste, le pauvre garçon ! La pitié, la compassion, l’empathie, elle se sentait désolée pour lui.

Voilà deux jours qu’elle tournait aux alentours de la maison et l’observait ainsi, constatant son état de détresse et de désespoir.

Le vide, le calme, le néant autour de lui, toujours ce silence. L’atmosphère était pesante et déprimante.

À présent, il fallait qu’elle sache. Le lendemain, elle décide d’aller sonner à sa porte.

La démarche lente, le pas lourd, elle l’entend s’approcher. Tout dans sa posture et son attitude l’accablent. La mine grise, il la salue poliment, sans lui sourire.

Gentiment, elle demande à échanger quelques mots avec lui. Il accepte à condition qu’elle soit bref dans son intervention afin de lui permettre de retourner à sa solitude, devenue habitude.

Déstabilisée par ses lamentations, elle accepte, à son tour sa requête.

Sans équivoque, elle se lance dans le vif du sujet en lui expliquant être venue dans le but d’obtenir des renseignements sur son entreprise et sur ses bases et ses fondements. Cherchant le juste équilibre entre ses mots et ses intentions, ne voulant pas le brusquer et lui donner l’impression de le forcer, elle y va pas à pas.

Avec patience, il l’écoute tranquillement sans broncher, allant jusqu’à dissimuler son agacement. Il s’agit d’une inconnue venue à son domicile, il n’est pas dupe. Sa tristesse ne l’a pas rendu naïf et stupide. Son intérêt est tout vu.

Elle représente une personne de plus qui souhaite découvrir le secret familial. Combien d’envieux et de jaloux se sont introduits chez lui ces dernières semaines ? Il aurait dû compter ! C’est pourquoi il a mis en place ce stratagème de défense.

Lassé de décliner les invitations à discuter et les demandes de questions, les démarches douteuses, les enquêtes cachées, en somme, c’est tout ce que c’est, des investigations.

Alors quand son père est mort subitement, il a vu là une bonne raison de se protéger des profiteurs et des opportunistes.

La vérité est que son père le battait et que sa mère était trop faible pour le protéger de cette violence physique, morale et psychologique. Son enfance a été très malheureuse, traumatisante et l’adulte qu’il est devenu souffre beaucoup de ce vécu difficile à supporter chaque jour.

Le décès de son père apparaît comme une libération, un soulagement des sévices qu’il subissait. Pour ne pas affecter la réputation familiale et impacter la vie professionnelle, il fallait surtout se taire. Si cela se savait, ce serait un scandale monumental.

Ce garçon a donc en fait plusieurs secrets à garder. D’un côté, il sait qu’il n’obtiendra jamais justice pour les violences dont il a été victime et de l’autre, cette idée révolutionnaire à ne dévoiler sous aucun prétexte. Que de poids sur ses épaules !

Préserver l’honneur familial…si les gens savaient la vérité, songeait-il toujours.

Et encore aujourd’hui, cette fille se tenait là à farfouiller comme tous les autres. Elle n’attendait que ça, des réponses et elle n’obtiendra pas satisfaction. Il ne cédera face à personne.

Il avait le sentiment de prendre la défense de son père en protégeant ce secret mais le dévoiler par vengeance et représailles serait la dernière chose à faire même s’il était tenté parfois.

Ce serait s’abaisser au même niveau que lui et cela, il ne le voulait pas. Il valait mieux que ça. Il se devait de se démarquer de lui et devenir quelqu’un de bien et respecté à juste titre, apprécié pour ses valeurs et ses qualités humaines.

Alors cette fille qui se tenait devant lui et espérait de tout coeur entendre l’information tant attendue insistait inutilement.

Tout aussi poliment qu’il l’avait accueilli, il la raccompagna et lui demanda de ne plus revenir l’importuner. Déçue et résignée, elle s’exécuta et rebroussa chemin, demi-tour, retour d’où elle venait. En partant, elle jeta un ultime coup d’œil à cette porte restée close, à ses lèvres restées closes, les mots qu’elle voulait tant entendre n’étaient pas sortis de sa bouche. Ainsi, elle se remit en route, repartie bredouille.

Il referma la porte, déterminé à se défendre de tous ceux qui se rapprocheraient encore à l’avenir.

À la fin de cette histoire, le lecteur non plus, ne sait pas de quoi il s’agit. Quelle est donc cette idée révolutionnaire qui a fait le succès de cette famille, gardée secrète avec tant de force et de conviction ? Nul ne le saura jamais.

***




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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine

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