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littérature, langues

L’argot

Les langues nous rapprochent !

Le français, l’anglais et l’allemand

八子の物語

Heinrich Heine

Anna Blandiana

An extraordinary adventure

La vérité officielle et la vérité officieuse

Poursuite informationnelle

IA conquérante et perte d’intelligence

Annonce malinformée, vérité annoncée

Force invisible et faiblesse visible

Naïveté à profiter

Jugement social

Secret d’outre-tombe

Dialogues

Encore des dialogues

Un homme était assis dans le train et autour de lui, les gens chuchotaient. Les cheveux hirsutes, la barbe mal entretenue, une tâche de café sur son haut, des doigts plein d’encre, il n’était pas plaisant à voir.

Les gens le regardaient d’un air méprisant, rebuter par sa présence.

De mon côté, je m’imaginais qu’il avait dû étudier toute la nuit en vue d’un rendez-vous important pour lequel il était en chemin.

Un peu nerveux, tête baissée, il était concentré à lire et relire un dossier qu’il avait sous les yeux, une pile de documents qui vraisemblablement lui donnait du fil à retordre.

En partant, il n’avait probablement pas eu le temps de se laver et de se changer. La mine fatiguée, je devinais les efforts qu’il avait fourni et les épreuves qui l’attendaient. Son apparence était compréhensible.

Pourtant, l’hostilité ambiante reflétait la méchanceté générale à son égard. Les messes basses ne cessaient pas et à mon sens, c’était un manque total de respect. Un peu de tolérance et d’empathie serait trop demander ?

Focalisé sur ses révisions et perdu dans ses réflexions, l’inconnu était imperturbable alors que je me sentais navrée pour lui.

Durant tout le trajet, les regards malveillants étaient tournés vers lui. Tous semblaient dire : « Mais qu’est-ce que c’est que ce type ? D’où il sort celui-là ? »

Je me disais : « Le pauvre ! Ce n’est pas possible… », consternée par ses comportements honteux et déplorables.

Dans la retenue, je m’empêchais de réagir. Et puis, je ne voulais pas le déranger en plein travail surtout si le laps de temps que dure ce trajet était son dernier créneau avant l’heure fatidique de son rendez-vous.

Quelques minutes avant l’arrivée, je me décida à agir en sa faveur et lui adressa ces quelques mots : « Je suis désolé de tous ces jugements et ces moqueries dont vous avez fait l’objet. Vous ne méritiez pas de subir de tels comportements de la part de l’entourage. »

Il s’empressa de me répondre : « Oh vous savez, j’ai l’habitude l’habitude. »

« L’habitude, vous dites? »

« Oui, depuis tout petit, j’ai toujours été le centre de l’attention de toutes les moqueries. Merci à vous de prendre ma défense. Je préfère les ignorer. »

« Vous faites bien mais comment vous sentez-vous ? »

« Il est bien rare que l’on me pose la question ! Eh bien, suite à une nuit blanche à potasser ce dossier que voici, je me rends à une entrevue qui pourrait bien changer le cours de mon destin. »

« C’est ce que j’avais pensé, en vous voyant. Félicitations ! »

« Je dois y aller. » dit-il en sortant du train avant d’ajouter : « Merci encore d’avoir pris position pour l’inconnu que je suis. »

« Je vous en prie, courage! » lui lançais-je.

Il me sourit simplement et s’en alla.

Les autres passagers sortirent à leur tour du train et s’en allèrent comme si de rien n’était, insouciants, d’un pas sûr et élancé.

Je les regardais partir tout en étant satisfaite de mon intervention. Ce n’était qu’un petit geste mais j’espérais avoir illuminé quelque peu sa journée, lui faire retrouver foi en l’humanité.

Toute une existence à être le souffre-douleur d’individus sans scrupule, insensibles au sort d’autrui.

J’ai été témoin d’une scène mais il en avait connu des centaines semblables à celle-ci et s’était habitué à cette situation comme si c’était normal.

En effet, ce genre d’attitude est monnaie courante dans notre société.

Il faut toujours qu’il y ait un malheureux dans un groupe, une assemblée au sujet duquel les moqueries et les insultes fusent.

Depuis la nuit des temps, cela en a toujours été ainsi.

Qui sont ces victimes, ces rebus qu’on rejette si violemment?

Ici, je pense que cet homme devait être un intellectuel, à voir ce dossier imposant, son allure, en sachant qu’il a passé une nuit blanche à l’étudier, il doit être cultivé, un savant, un homme respectable.

S’il avait soigné son apparence, aurait-il été traité autrement ?

S’il avait été élégant, distingué, séduisant, revêtant un bel habit, la barbe bien taillée et entretenue, comment aurait-il été perçu ?

J’imagine qu’il aurait suscité l’admiration et inspirer des commentaires positifs.

Si tel avait été le cas, je n’aurais pas eu à le défendre et nous n’aurions pas échangé quelques mots.

Il serait resté un simple inconnu dans un train, une personne lambda.

Je serais peut-être sortie du train en lui adressant un sourire sans plus et réciproquement en réponse.

Ainsi, il aurait été un simple homme que j’aurais croisé dans le train. Toutes ces réflexions n’auraient pas lieu d’être et tout irait bien.

Malheureusement, l’humain a toujours besoin de critiquer et de se comparer aux autres.

Cependant, de petites actions positives peuvent faire la différence et changer la vie d’un individu. Multiplié, un ensemble de détails peut devenir une immense œuvre qui pèse sur l’opinion et la considération.

***

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Naïveté à profiter Secret d’outre-tombe

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« Tous les arbres résonnent
Et tous les nids chantent
Qui donc tient la baguette
Dans le vert orchestre de la forêt?

Est-ce là-bas le vanneau gris,
Qui sans cesse hoche la tête, l’air important?
Ou est-ce le pédant qui tout là-bas
Lance toujours en rythme son coucou?

Est-ce cette cigogne qui, la mine sérieuse ,
Et comme si elle dirigeait,
Craquette avec sa longue jambe
Pendant que tous jouent leur musique?

Non, c’est dans mon propre cœur
Qu’est le chef d’orchestre de la forêt ,
Et je le sens qui bat la mesure,
Et je crois bien qu’il s’appelle Amour. », Heinrich Heine

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